Entre la guerre commerciale déclenchée par les Etats-Unis, la persistance de l’instabilité politique française et le ralentissement économique qui en a découlé, les trésoriers ont dû opérer, une fois de plus, dans un environnement des plus chahutés. Si ce dernier a contribué à placer la gestion des risques et du BFR au cœur de leurs problématiques, d’autres sujets ont également rythmé leur quotidien, notamment sur le front de l’innovation.
Pour les trésoriers, les années se suivent et, décidément, se ressemblent. Après avoir dû composer avec une crise sanitaire, une déstabilisation des chaînes d’approvisionnement mondiales, le déclenchement d’un conflit militaire aux portes de l’Europe, le retour d’une vague inflationniste ou encore un mouvement brutal de remontée des taux d’intérêt dans la zone euro, l’exercice 2025 aura, lui aussi, connu son lot de perturbations. « C’est un tsunami d’hyper-volatilité auquel nous avons été confrontés », confirme Lionel Jouve, coordinateur au sein de la Commission « innovations et solutions numériques » de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE). Alors que la présentation outre-Rhin d’un plan de relance budgétaire massif avait commencé lors du premier trimestre à alimenter des pressions haussières sur les marchés de taux, l’événement principal sera venu de la nouvelle administration Trump avec l’annonce, début avril, d’un relèvement massif des droits de douane américains, en violation complète des règles érigées par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
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Entre les impacts de cette guerre commerciale sur les volumes de ventes et les marges des entreprises tournées vers l’international, d’une part, et le haut degré d’incertitudes qui a entouré les négociations entre Etats au cours des semaines ayant suivi le Liberation Day, d’autre part, l’onde de choc n’aura épargné ni les marchés de change ni ceux de capitaux. « Bien qu’étant restés ouverts tout au long de l’année, les marchés financiers ont été particulièrement agités du fait de cet environnement mondial très chahuté », concède Philippe Berneur, directeur du financement et de la trésorerie d’un groupe international et coordinateur au sein de la Commission « financement » de l’AFTE.
«Bien qu’étant restés ouverts tout au long de l’année, les marchés financiers ont été particulièrement agités du fait de cet environnement mondial très chahuté.»
Tensions sur la trésorerie d’exploitation
Dans ce contexte, la gestion des risques et le pilotage financier se sont retrouvés, sans surprise, au centre de l’attention de nombreux professionnels, d’autant que l’instabilité politique persistante en France n’a fait qu’entretenir le trouble ambiant. « Face aux turbulences observées, les prévisions de trésorerie sont revenues au cœur des problématiques des entreprises, notamment celles de taille intermédiaire, au même titre que la gestion du besoin en fonds de roulement », insiste Géraldine Condé-Amal, trésorière groupe chez European Camping Group et coordinatrice au sein de la commission ETI de l’AFTE. Conséquence d’une activité économique au ralenti – tandis que le FMI anticipe une croissance du PIB mondial à 3 % en 2025, contre 3,3 % l’an dernier, la Banque de France s’attend à ce que celle de l’Hexagone passe de 1,1 % à 0,7 % – et de carnets de commandes affectés notamment par le manque de visibilité fiscale, beaucoup de sociétés, toutes tailles confondues, ont vu leur situation financière se détériorer. Dans leur enquête du mois de novembre consacrée aux ETI et aux grands groupes, le cabinet Rexecode, l’AFTE et le METI font en effet ressortir une détérioration du solde d’opinions quant à l’état de la trésorerie d’exploitation, avec 22 % des répondants jugeant la situation « difficile ».
Pas de quoi néanmoins susciter, à ce stade, de préoccupations majeures d’après les auteurs de l’étude. Et pour cause : outre le fait que les trésoreries globales continuent de faire preuve de « résilience », près de la moitié des trésoriers interrogés déclarent que l’activité de leur entreprise se porte mieux que ne le laisserait penser le climat morose du moment. Au point, in fine, de faire de 2025 une année presque normale ? « S’il a pu compliquer la tâche par moments, le regain de volatilité et d’incertitudes enregistré ces derniers mois n’a, au final, pas véritablement bouleversé mon agenda, ni ma feuille de route, cette dernière ayant consisté à financer la croissance organique et externe du groupe, circonscrire les risques de change et de taux, optimiser la trésorerie et améliorer toujours plus les process et les outils », résume le trésorier d’un grand groupe industriel.
FINANCEMENTS : la tentation du court terme
Ce constat général peut en partie s’expliquer par le maintien de modalités d’accès à la liquidité globalement très favorables. « Les financements, qu’ils soient bancaires ou de marché, ont été largement disponibles, et les spreads de crédit payés aux investisseurs obligataires ont connu un resserrement historique », relève en effet Virginie Biau, coordinatrice au sein de la Commission financement de l’AFTE. Selon la Banque de France, l’endettement des sociétés non financières a ainsi progressé de 2,9 % sur un an à fin septembre, à 2 126,7 milliards d’euros (+ 2,6 % pour les crédits bancaires et + 3,5 % pour les financements désintermédiés). Quant au coût d’emprunt moyen, il a diminué de 63 points de base sur la période, à 3,42 % (3,34 % pour les nouveaux crédits et 3,37 % pour les financements de marché). Cette dynamique d’ensemble porteuse ne saurait cependant masquer le fait que bon nombre de trésoriers ont dû faire preuve d’adaptation. « Afin de financer nos sept acquisitions bouclées depuis janvier, nous avons levé cette année plus de 1 milliard d’euros sur les marchés, témoigne Ronan Marc, directeur Relations investisseurs, Financements, Trésorerie chez Legrand. Or, les divers mouvements de fluctuation qui ont touché les taux d’intérêt et les spreads des émetteurs corporates nous ont contraints, pour espérer obtenir les meilleures conditions possibles, à anticiper les opérations, mais aussi à diversifier nos sources de financement avec, notamment, une première émission d’obligations convertibles. » Illustrant cette volatilité, le taux français à 10 ans (OAT) n’a cessé d’évoluer en dents de scie : après être passé de 3,2 % à près de 3,5 % durant la première quinzaine de janvier, il était tombé début février à 3,05 %, avant de grimper à 3,6 % début mars. Il avait ensuite baissé significativement jusqu’en mai (3,15 %), avant de repartir à la hausse puis d’enchaîner les hauts et les bas (3,43 % actuellement).
«Sous l’effet de la forte baisse des taux d’intérêt à court terme, les financements comme les programmes de titrisation de créances commerciales et les billets de trésorerie sont devenus plus attractifs.»
En procédant à quatre nouvelles baisses de ses taux directeurs durant le premier semestre, à l’issue desquelles l’Euribor 3 mois a perdu près de 70 points de base (à 2,07 %), la Banque centrale européenne a également influé sur la stratégie de financement de plusieurs entreprises. « Sous l’effet de la forte baisse des taux d’intérêt à court terme, les financements de type court terme ou à taux variable comme les programmes de titrisation de créances commerciales et de billets de trésorerie sont devenus plus attractifs cette année », note Virginie Biau. Une situation dont beaucoup ont cherché à profiter, comme chez Legrand. « Nous avons profité de la baisse notable des taux d’intérêt de court terme pour emprunter, dans le cadre de notre programme de NEU MTN, sur une maturité de deux ans », informe Ronan Marc.
GESTION DES RISQUES : la dépréciation du dollar au centre des préoccupations
Ce faisant, beaucoup d’entreprises ont été amenées à gérer plus activement leurs risques de taux, soit en basculant à taux variable des financements dernièrement souscrits à taux fixes, soit en couvrant de nouveaux financements à taux variable contre une possible remontée des taux. Pour autant, l’essentiel des préoccupations des trésoriers a concerné les marchés de change qui, en raison principalement de la guerre commerciale, ont subi d’importantes secousses. Contrairement aux attentes des prévisionnistes, le dollar américain s’est dans ce cadre vivement déprécié, perdant plus de 10 % face à l’euro (jusqu’à 15 % en cours d’année) et à d’autres monnaies internationales. Mesurant la valeur du billet vert par rapport à un panier de devises de premier plan – en l’occurrence l’euro, le yen, la livre sterling, le franc suisse, le dollar canadien et la couronne suédoise –, le « Dollar Index » a pour sa part reculé de 10 % depuis janvier. Dans ces circonstances, les entreprises exposées ont redoublé d’initiatives en matière de mise en place de produits de couverture fermes ou optionnels, qu’elles aient pâti ou profité de cette tendance. « Bénéficiant de la forte dépréciation du dollar face à l’euro, les horizons de couvertures de change ont pu être étendus par les entreprises habituées à couvrir à seulement un an », évoque Virginie Biau. Dans ce domaine, les besoins d’instruments de protection ont été d’autant plus nourris que « de nombreuses devises émergentes ont aussi enregistré des pics de volatilité et/ou des dévaluations importantes cette année (renminbi, roupie indienne…), nous incitant à sécuriser une part plus élevée de nos expositions que d’ordinaire afin de limiter les impacts sur notre compte de résultat », signale Ronan Marc.
«De nombreuses devises émergentes ont enregistré des pics de volatilité et/ou des dévaluations importantes, nous incitant à sécuriser une part plus élevée de nos expositions que d’ordinaire, afin de limiter les impacts sur notre compte de résultat.»
Enfin, dans le sillage des dernières années, la lutte contre la fraude interne – la révélation de l’escroquerie dont Kiabi a été victime en 2024 par une ancienne trésorière-prestataire n’y est pas étrangère – et externe (fraude au faux fournisseur, attaque cyber…) est aussi restée au sommet des priorités des équipes en charge de la trésorerie, dont certaines sont du reste confrontées à de nouvelles menaces. « En facilitant l’élaboration de faux justificatifs, l’intelligence artificielle générative tend à faciliter certains types de fraude », fait d’abord remarquer Arnaud Bodzon, directeur des paiements groupe de LVMH et coordinateur au sein de la Commission « moyens de paiement » de l’AFTE. Surtout, l’une des principales évolutions de 2025 vise les commerçants en ligne. « Depuis le début de l’année, les acteurs français sont confrontés à une envolée des litiges commerciaux frauduleux, dans le cadre desquels les clients déclarent auprès de leur banque que leur colis est incomplet ou n’a pas été livré, poursuit Arnaud Bodzon. Or, les modalités de réponse, définies par les réseaux carte interbancaires, sont à la fois plus contraignantes que la loi (délais de réponse très courts, format de réponse restrictif) et trop vagues sur les preuves attendues. C’est d’autant plus problématique que les règles d’arbitrage sont déséquilibrées : c’est la banque du client qui juge (dans un premier temps) la recevabilité des justificatifs fournis par le marchand. Le marchand peut « faire appel » de cette décision, mais cet appel a un coût prohibitif. Les fraudeurs connaissent parfaitement ces procédures, et les exploitent d’autant plus facilement que certaines banques facilitent l’ouverture des litiges. » Consistant à abuser des conditions générales de vente d’un commerçant, la fraude dite « amicale » (friendly fraud) émerge parallèlement. Elle consiste pour un client, là aussi, à signaler auprès du vendeur une livraison non conforme avec l’intention de voir ce dernier renvoyer un nouveau colis ou rembourser la commande initiale. « Tout en accroissant la menace qui pèse sur les entreprises, les nouvelles technologies font aussi partie de la solution pour contrer ces pratiques », prévient Arnaud Bodzon.
INNOVATION : des attentes fortes dans le domaine des paiements
Il n’y a pas que sur ce front de la lutte contre les fraudes que l’innovation bat actuellement son plein, loin s’en faut. « Quelques directions en charge de la trésorerie ont récemment déployé l’IA afin d’automatiser la collecte d’informations clés », observe ainsi Sandrine Ngo Hagbe, responsable trésorerie au sein du groupe d’ingénierie Ingerop et coordinatrice au sein de la commission ETI de l’AFTE. En plein essor, l’IA générative suscite d’ailleurs des marques d’intérêt croissantes… même si, de l’avis assez général, rares sont les entités suffisamment matures pour l’exploiter à ce jour. « Avec l’avènement de cette technologie, beaucoup parlent de « trésorier augmenté », mais très peu d’entreprises ont engagé le travail amont (revue des process internes, examen des cas d’usage…) pour pouvoir en tirer pleinement profit », complète Sandrine Ngo Hagbe.
«Un nombre croissant d’entreprises s’intéressent aux plateformes d’orchestration de paiement.»
Ceci expliquant cela, l’essentiel des attentes et des initiatives d’acteurs spécialisés ont porté, au cours des derniers mois, sur les paiements. C’est le cas, tout d’abord, des règlements B2C. « Corollaire du mécontentement croissant exprimé face aux prix appliqués par les grands réseaux de cartes (card schemes), tout particulièrement Visa et Mastercard, l’attrait des commerçants pour des solutions d’encaissement alternatives sont actuellement très fortes », relève Lionel Jouve. Celles reposant sur l’initiation de paiement et le virement instantané – dont le nouveau portefeuille de paiement mobile européen Wero fait partie – sont de plus en plus prisées, au même titre que celles permettant de dynamiser les ventes, comme le paiement fractionné (buy now, pay later ou BNPL). Or, l’accumulation tant des moyens de règlement proposés aux clients que de prestataires de services de paiement (PSP) tend à complexifier l’infrastructure de paiement des acteurs du e-commerce. « Cherchant donc à la simplifier et à optimiser les commissions prélevées par leurs PSP, un nombre croissant d’entreprises s’intéressent aux plateformes d’orchestration de paiement », pointe dès lors Arnaud Bodzon. La vocation des orchestrateurs est de regrouper sur une interface unique les prestataires de services de paiement (PSP) et les banques qui encaissent les fonds, de sorte à optimiser les process et, surtout, les performances opérationnelles et financières liées à l’acte de paiement. L’offre dans ce domaine (Ixopay, Primer, Purse, ProcessOut, Payrails, Akurateco…) ne cesse de s’enrichir en Europe.
La tokenisation, nouvelle frontière du cash management
Mais cette vague d’innovation touche aussi les paiements entre entreprises (B2B) et les flux intragroupe transfrontaliers. Bien que les modalités d’exécution de ce type de transactions se soient considérablement améliorées ces dernières années sous l’impulsion notamment de Swift avec son service GPI, en termes notamment de rapidité, de traçabilité et de coût, des marges de progression n’en demeurent pas moins. « Tandis que les paiements internationaux peuvent encore échapper à la trésorerie centrale dans certains pays, pour des raisons réglementaires notamment (impossibilité de faire fonctionner un cash pooling…), les groupes concernés cherchent à reprendre le contrôle sur ce type de flux », illustre Jonathan Galbrun, head of financial markets & front office chez Safran et coordinateur au sein de la Commission placements de l’AFTE. Pour ce faire, la tokenisation fait partie des solutions aujourd’hui explorées. S’appuyant sur la blockchain, elle consiste à convertir un actif tangible en jeton numérique, dans le but notamment d’accélérer son transfert. « Ces derniers mois, nous avons observé des avancées notables de la part de banques internationales, y compris françaises, en matière d’utilisation de tokens destinés à faciliter l’exécution de virements transfrontaliers », souligne Lionel Jouve. Face aux difficultés rencontrées pour rapatrier des capitaux en provenance de pays d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie, le mécanisme vise à transformer des fonds en devises locales en crypto-actifs réputés sûrs car indexés au dollar ou à l’euro (stable coins), avant de les transférer via la blockchain sur un compte pivot, à partir duquel ces stable coins vont être immédiatement convertis dans la devise centrale du groupe. « Le développement des stable coins constitue un sujet d’attention pour les trésoriers, qui pourraient en retirer des avantages dans le domaine des virements internationaux », estime Philippe Berneur. Alors que des fintechs se sont positionnées sur ce segment de marché, à l’instar de Fipto, les expérimentations menées par les trésoreries sont appelées à se multiplier.
«Tandis que les paiements internationaux peuvent encore échapper à la trésorerie centrale dans certains pays, les groupes concernés cherchent à reprendre le contrôle sur ce type de flux.»
RÉGLEMENTATION : des regards déjà tournés vers 2026
Une fois n’est pas coutume, l’année qui s’achève n’aura pas été marquée par de nouveaux tours de vis législatifs ou réglementaires. Au contraire. Dans le cadre de sa « boussole de compétitivité » dévoilée fin janvier, la Commission européenne s’est en effet engagée à réduire la charge administrative pesant sur les entreprises et, pour ce faire, à détricoter son Pacte Vert. Cette démarche s’est notamment traduite par un report et par un allègement du nouveau rapport de durabilité institué par la directive Corporate Sustainability Reporting Directive (CSRD). Une inflexion bienvenue pour certains, mais en trompe-l’œil pour d’autres. « Le report d’un an de la publication du nouveau rapport a été annoncé alors même que beaucoup d’ETI concernées par la mesure étaient déjà prêtes, constate Sandrine Ngo Hagbe. De plus, l’assouplissement des contraintes restera somme toute relatif dans la mesure où nos partenaires financiers, en particulier nos banques, continuent de nous réclamer toujours plus d’informations extra-financières. »
Tandis que les derniers arbitrages de l’exécutif européen doivent être prochainement rendus, les regards des trésoriers sont déjà tournés vers 2026. « La généralisation de la facturation électronique en France et la mise en œuvre dans l’espace SEPA de la norme ISO 20022 sur la structuration des adresses véhiculées dans les messages de paiement vont pleinement mobiliser les trésoriers courant 2026 », prévient Géraldine Condé-Amal. En affectant les définitions de certains agrégats comme l’Ebitda, l’entrée en vigueur début 2027 de la norme comptable IFRS 18 va également amener certains trésoriers à solliciter des ajustements (waivers) de covenants contenus dans la documentation de leurs financements.
«Face aux turbulences observées, les prévisions de trésorerie sont revenues au cœur des problématiques des entreprises, notamment celles de taille intermédiaire, au même titre que la gestion du besoin en fonds de roulement.»
Placements de trésorerie : l’administration Trump et la BCE changent la donne
- Selon le dernier recensement de la Banque de France, les sociétés non financières françaises détenaient, fin juin, quelque 863,1 milliards d’euros de trésorerie. A ce titre, les problématiques de placements restent centrales pour beaucoup d’entre elles.
- Or le principal choc de 2025 en a amené certaines à revoir leur approche dans ce domaine. « En raison des incertitudes liées aux nouveaux droits de douane américains, de nombreuses entreprises ont pâti d’un manque de visibilité, ce qui les a conduites à privilégier des produits de placement à la fois liquides et de court terme, à l’instar des fonds monétaires », précise Jonathan Galbrun, head of financial markets & front office chez Safran et coordinateur au sein de la Commission « placements » de l’AFTE. Plébiscités par les groupes qui publient leurs comptes en normes IFRS dans la mesure où ce type d’encours placés peuvent être déduits de l’endettement brut (traitement comptable dit cash & cash equivalent), optimisant ainsi les ratios et le rating financiers, les OPCVM monétaires ont toutefois perdu en attractivité au cours des derniers mois. « Sous l’effet des quatre nouveaux abaissements de taux directeurs opérés par la BCE en 2025, leur rendement moyen est aujourd’hui tombé légèrement en dessous de 2,10 %, contre plus de 3 % en début d’année », signale Cyril Merkel, coordinateur au sein de la Commission placements de l’AFTE.
- De quoi inciter des groupes à s’orienter vers des produits structurés plus ou moins risqués, certains comportant des risques de perte en capital (certains offrent une protection du capital mais le rendement final versé est incertain), pour espérer doper les rémunérations perçues. D’autres négocient également des offres de comptes à terme s’accompagnant d’un taux fixe attrayant sur un horizon de quelques années. « Ces dernières émanent généralement de caisses régionales de groupes mutualistes », ajoute Cyril Merkel.
- Autre tendance de l’année, des innovations technologiques commencent à se déployer, dont la promesse est de faciliter le pilotage des placements de trésorerie. « En plein essor, des plateformes digitales multiproduits et multifournisseurs permettent dorénavant aux trésoriers de suivre, depuis un espace unique, l’intégralité de leurs placements en OPCVM, d’établir des scénarios d’allocations ou encore de passer des ordres d’achat et de vente », observe Cyril Merkel.