Tant sur le marché obligataire que sur le segment bancaire, les financements assortis de critères extra-financiers suscitent depuis plusieurs mois un moindre intérêt de la part des grands groupes. Pas de quoi, cependant, marquer le déclin du format sustainability-linked, qui séduit de plus en plus de PME-ETI, à en croire les spécialistes de la finance durable.
Une année « assez morose dans un contexte difficile pour l’ESG ». C’est dans ces termes que les équipes en charge de la recherche crédit et ESG de Crédit Agricole CIB ont, dans une note publiée le 8 janvier dernier, résumé le millésime 2025 du marché obligataire de la finance durable. En léger recul à l’international, les montants levés par les émetteurs de tous types (entreprises non financières, institutions financières, souverains et agences supranationales) sous la forme d’obligations vertes (green bonds), d’obligations sociales (social bonds), d’obligations durables (sustainable bonds) et d’obligations assorties de critères extra-financiers (sustainability-linked bonds, SLB) ont poursuivi la même trajectoire en Europe, pour s’établir à 323,5 milliards d’euros environ – contre 331,5 milliards d’euros en 2024. Une dynamique baissière en partie alimentée par ce dernier instrument. D’après Natixis CIB, 22 emprunteurs ont en effet eu recours l’an dernier aux SLB sur le marché euro, parmi lesquelles Spie et Carrefour en France, collectant au passage 11,7 milliards d’euros. Or ils avaient été 27 à lever près de 16 milliards d’euros en 2024, des niveaux qui s’inscrivaient alors déjà en retrait de respectivement 46 % et 44 % par rapport à 2023.
Là où le bât blesse encore un peu plus, c’est que ce reflux des structures sustainability-linked s’observe également à l’échelle des lignes de financement bancaires. Selon les statistiques de Natixis CIB, toujours, 226 milliards d’euros ont...