Les banques françaises sont plutôt en retard sur leurs homologues du Sud dans le processus de cession de leurs créances douteuses. Mais une directive européenne encadrant ce marché pourrait contribuer à changer la donne, d’autant que des acteurs solides achetant ces créances et gérant les portefeuilles sont déjà en place.
Bien qu’elle soit courante, avec l’affacturage notamment, la cession de créances relève du tabou dans le secteur bancaire français. Jusqu’à présent, s’agissant des créances douteuses (non-performing loans, NPL), les établissements – coopératifs en particulier – ont privilégié les mesures de redressement et recouvraient eux-mêmes leurs créances, rappelle Fitch Ratings dans son étude sur les grandes banques françaises d’avril 2026. Outre « certains dossiers importants portant sur un seul client dans la banque d’investissement », des créances douteuses italiennes (pour Crédit Agricole et BNP Paribas) et des crédits à la consommation cédés par petits lots, nos banques préfèrent garder leurs créances. Voilà pourquoi, selon l'agence de notation, les banques françaises ont adopté une politique de dépréciation plus lente que leurs homologues européennes et conservent une exposition plus importante aux prêts à la consommation non garantis et aux pays à haut risque (en Europe du Sud, centrale et orientale ou en Afrique). Et, en conséquence, elles ont « toujours affiché des taux de créances douteuses plus élevés que leurs homologues d’Europe du Nord », souligne Fitch.
Cette gestion du risque de crédit a peu changé après la crise financière, alors que les banques espagnoles ou italiennes ont apuré leurs bilans en cédant par vagues des portefeuilles d’un ou deux milliards d’euros de valeur faciale (le montant de crédits dû) : elles y étaient contraintes par leurs superviseurs. Le souci de...