Communauté financière

Interview Daniel Biarneix, président de la commission Notation et vice-président de l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE), directeur financier adjoint de Saint-Gobain

«Les analystes détestant l’incertitude, il est dans l’intérêt des entreprises notées de chercher à l’atténuer autant que possible»

Option Finance - 30 avril 2020 - Propos recueillis par Arnaud Lefebvre

Agence de notation, Crise financière

«Des déclarations récentes de plusieurs agences de notation semblent indiquer qu’elles ont bien conscience de la nécessité d’accorder une place importante aux perspectives de moyen terme dans leurs analyses.»

Depuis le début de la crise, les agences de notation ont multiplié les actions sur les notes qu’elles délivrent, allant des mises sous perspective négative aux dégradations directes. Ces décisions vous paraissent-elles logiques ?

Il faut distinguer entre différents types d’actions. Il y a d’abord les changements de perspectives macroéconomiques, qui entraînent mécaniquement des changements de perspectives sectorielles. Le fait que les agences considèrent que les perspectives économiques des prochains mois sont moins bonnes aujourd’hui qu’elles ne l’étaient quelques mois plus tôt est difficilement contestable. Ensuite, il y a les actions consistant à faire passer la perspective de la note d’un émetteur corporate de «positive» à «stable». Elles sont, là aussi, compréhensibles. Une perspective positive signifie en effet que le rating d’une entreprise est susceptible d’être relevé sur un horizon de dix-huit mois. Dans les circonstances actuelles, un tel relèvement à cet horizon apparaît logiquement moins probable. En revanche, certaines actions, comme le passage d’un rating sous perspective négative (ce qui augure une possible dégradation dans les dix-huit mois à venir) ou la dégradation directe du rating, seraient contestables si elles étaient généralisées (des cas particuliers justifiant une telle action peuvent bien sûr toujours exister). Compte tenu de l’absence de visibilité quant à l’amorce d’une reprise d’activité au niveau mondial et à son ampleur, ce type de décisions peuvent paraître précipitées : la méthodologie même des agences prévoit une notation sur la base de perspectives à moyen terme.

La suite de cet article est réservée aux abonnés

Vous avez déjà un compte

Pour lire la suite de cet article, connectez-vous à votre compte

Mot de passe oublié

En cas de problème avec votre compte abonné, merci de contacter abonnement(at)optionfinance.fr

Pas encore abonné ?

Découvrez toutes nos offres d'abonnement et accédez à nos articles et dossiers en ligne.

S'abonner

À lire aussi

Frédéric Lumeau, associé, et Meriem El Madini, consultante senior chez June Partners.

Quels sont les chantiers prioritaires des directions financières ?