Gestion financière

Parole d’expert

«La gestion financière se dynamise dans un environnement de taux bas»

Option Finance - 23 janvier 2017 - Communiqué

Gestion financière

Le courtier indépendant Pandat propose l’ensemble des services bancaires destinés aux entreprises en distribution multimarque (placements, financements, PEE PERCO, externalisation du passif social). David Guyot, son cofondateur et associé gérant, nous explique quelles sont les tendances au sein des directions financières.

David Guyot, cofondateur et associé gérant, Pandat
Pandat

Comment évolue la gestion financière des entreprises dans un environnement de taux bas ?
De plus en plus d’entre elles recourent à nos services pour revoir leurs conditions de rémunération ou de financement. Elles gèrent toujours leur trésorerie d’exploitation en choisissant des placements liquides à moins de trois mois, qui offrent une garantie en capital. Les OPCVM monétaires, les comptes courants rémunérés et les comptes à terme répondent à ces exigences. Ces dernières années les comptes à terme sur trois ou cinq ans, pour lesquels les entreprises pouvaient sortir à tout moment avec un préavis de 32 jours, avaient beaucoup de succès, en permettant de se prémunir contre une baisse des taux.
Les banques ont commencé à facturer les dépôts des grandes entreprises. Cela a conduit ces dernières à investir massivement dans des OPCVM monétaires, dont le rendement est négatif.
Les PME-ETI cherchent des rémunérations supérieures, qui s’établissent généralement à 0,10 % sur les comptes courants, à 0,30 % à un mois sur les comptes à terme et entre 0,50 % et 0,70 % à un an sur ces comptes.

La récente remontée des taux longs modifie-t-elle les stratégies ?

Les produits de placement à taux variable, dont la rémunération évolue en fonction de la variation de l’indice sous-jacent, sont attractifs. Les contrats de capitalisation, similaires à l’assurance vie, sont également intéressants. Ces produits permettent d’investir sur les fonds euros des assureurs vie et d’obtenir une épargne garantie qui capitalise chaque année.
Côté financements, nous constatons qu’il y a encore aujourd’hui beaucoup d’opportunités sur la renégociation des lignes court terme car les taux demeurent négatifs jusqu’à un an. Les entreprises peuvent ainsi diviser par deux le coût d’une ligne de crédit avec des taux inférieurs à 1 %.
Dans certains cas, il peut même être intéressant de contracter des lignes de crédit à court terme sur les périodes de creux de trésorerie afin de placer ces sommes tout au long de l’année pour bénéficier de taux supérieurs.
Pour les financements à moyen terme et long terme, les banques ont inséré des pénalités de rupture anticipée élevées dans les contrats. La renégociation n’est donc pas toujours recommandée.
Toutefois, en considérant que les taux à 15 ans sont à des niveaux extrêmement bas, l’entreprise peut allonger la maturité de ses dettes et alléger ainsi ses mensualités.

Les entreprises sont-elles tentées par des placements plus rémunérateurs mais plus risqués ?

Celles qui doivent respecter des normes comptables internationales opteront difficilement pour des produits optionnels. Elles préféreront des produits moins rentables mais plus sûrs et plus liquides.
En revanche, les entreprises qui peuvent assumer des prises de risques, avec souvent un actionnariat familial, plébiscitent certains produits. En 2016, le placement SCPI, qui offre des rendements compris entre 3 % et 5 %, a rencontré un grand succès. Nous privilégions plutôt les fonds investis dans les actifs de bureaux parisiens. Le second produit qui marche très bien est l’Autocall, un produit optionnel. Par exemple, en investissant sur un contrat indexé sur l’évolution de l’Eurostoxx 50, l’entreprise est gagnante si l’indice cote au-dessus du niveau de départ. Mais il y a un risque de perte en capital, si, à l’issue du contrat d’une durée de cinq ans, le cours du sous-jacent est plus de 50 % inférieur au seuil initial. Du fait de ce risque, ce produit n’est pas dédié à la trésorerie d’exploitation mais à une poche de diversification plus risquée.

Quelles sont vos prévisions ?
L’économie européenne n’est pas assez forte pour favoriser une hausse durable des taux. La BCE devrait poursuivre sa politique de taux accommodante car la population européenne vieillissante nécessite beaucoup de dépenses et de dettes publiques.
Nous pensons que les taux devraient se maintenir en 2017, avec un taux à 10 ans aux environs de 1 % en France. Si l’on considère que le point bas a été atteint, de vraies interrogations demeurent sur les horizons de placement.
Au niveau de Pandat sur 2017 nous visons 1 milliard de financements et souhaitons compléter nos offres avec les produits d’épargne entreprise et d’externalisation du passif social.
Compte tenu du poids réglementaire, de la pyramide des âges et des coûts de structure de leur banque de détail, les établissements bancaires vont recourir de plus en plus à des prestataires externes pour distribuer leurs produits. Cela va permettre le développement de notre activité et la diversification naturelle de notre offre.