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Management de la data : comment exploiter la valeur de la donnée pour mieux accompagner les dirigeants

Option Finance - 16 juillet 2021 - Séverine Leboucher

La data est l’or noir des entreprises au XXIe siècle, dès lors qu’elle est bien exploitée. A cet effet, il faut l’extraire, la qualifier, la valoriser, avoir les bons processus pour la traiter et la suivre.

Avec : Armand Angeli (modérateur), président du groupe Csp / Rpa / automatisation intelligente et du groupe international, Dfcg ; Julien Raimbault, directeur opérations & technologies, membre du comité exécutif, Ostrum Asset Managemen ; Jean-Daniel Ruegger, directeur data marketing services, Ellisphere ; Stéphane Suveg, director finance business development, Schneider Electric.


La gouvernance de la donnée

Le volume des données tend actuellement à exploser. « Une tendance essentiellement portée par l’évolution des nouvelles technologies et par la baisse du prix des capteurs d’information (l’internet des objets) qui elle favorise la transformation digitale des entreprises, de leur environnement en données, selon Stéphane Suveg, director finance business development chez Schneider Electric. Ces données, nous pouvons les exploiter pour créer de la valeur. »

Par ailleurs nous assistons à un élargissement du champ de la donnée. « Il y a quelques années, la transformation digitale concernait uniquement le monde de l’IT (ERP, CRM), ajoute Stéphane Suveg. Cette transformation digitale s’étend désormais aux processus opérationnels via l’IoT. » Avec l’explosion de la donnée nous sommes également face à des problématiques de silos. « Pourtant, ces données permettraient de personnaliser les relations avec les tiers, internes ou externes, et d’avoir une vision 360 de l’entreprise et du sujet que chacun traite au quotidien dans son travail souligne Jean-Daniel Ruegger, directeur data marketing services chez Ellisphere. Pour cela, il faut extraire de l’information de qualité de nos îlots de données. » La donnée est également mouvante. « De nouvelles sources de données apparaissent régulièrement comme par exemple celles liées au développement durable, indique Julien Raimbault, directeur opérations & technologies, membre du comité exécutif, Ostrum Asset Management. D’autre part, les sujets data sont très transverses et mobilisent des métiers qui n’ont pas toujours l’habitude de se parler, et en même temps très experts. Dans la finance, il y a également les enjeux liés aux autorisations d’accès à la donnée et de modification. » Il faut donc être agiles dans l’organisation de la gouvernance de la donnée.

Quels processus pour traiter la donnée ?

Pour pousser la donnée de bout en bout, il faut des processus. « Rien n’est pire que de digitaliser un processus inefficace, insiste Stéphane Suveg. Nous recommandons à nos clients de commencer par mettre en place une méthodologie lean pour rendre le processus efficace puis de l’automatiser ensuite. Il convient en effet de d’abord bien décrire les processus puis d’identifier les données, les îlots d’informations qui permettront d’atteindre les objectifs, ajoute pour sa part Jean-Daniel Ruegger. Il faut ensuite mettre en place une stratégie data, puis collecter de l’information, la nettoyer, la consolider et la traiter pour en sortir des éléments pertinents pour atteindre ces objectifs. Un projet d’automatisation d’un process mal calé peut être coûteux car des dépendances pourraient freiner le projet, précise de son côté Julien Raimbault. De même, mal définir les responsabilités rend difficiles les prises de décisions… » La technologie ne résout jamais les projets mal ficelés.

Accompagner l’humain

Réfléchir aux processus en amont permet également d’embarquer les différents acteurs dans le projet très tôt. « La conduite du changement est un vrai problème à prendre en compte dans les processus et leur digitalisation, explique Jean-Daniel Ruegger. Il faut embarquer tout le monde dès le départ dans le projet, bien définir les objectifs à atteindre et se rechallenger régulièrement. Il faut faire des retours d’expérience réguliers pour, de façon agile, pouvoir modifier, ajouter des étapes, de la donnée plus pertinente. » 

D’autre part, la transformation digitale permet l’offshoring, l’outsourcing et l’outplacement. « Il convient donc aussi d’identifier les nouveaux besoins liés à la transformation digitale, les nouvelles fonctions que l’entreprise doit créer pour gérer et exploiter ces données, les manager et s’assurer que ce sont les hommes qui managent la donnée et non l’inverse, ajoute Stéphane Suveg. Cela a créé de nouvelles fonctions ou postes que des personnes de la direction financière ont pu prendre. Il faut faire confiance à la technologie pour ce qu’elle sait faire, conclut Julien Raimbault. Même l’intelligence artificielle a besoin de l’humain pour apprendre. La technologie doit être au service de l’humain et de ses objectifs. Certains process gagneraient à être automatisés en partie. » 

La technologie est un allié pour permettre d’atteindre ses objectifs, d’améliorer le travail des collaborateurs au quotidien. Les gains en efficacité réalisés grâce au digital permettent de consacrer plus de temps aux relations humaines et aux clients. 

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