Après deux années de performances historiquement élevées, le marché des obligations catastrophe se normalise. Tant l’appétit des assureurs qui les émettent que celui des investisseurs finaux en quête de diversification qui les achètent devraient soutenir la classe d’actifs. Sauf accident.
Fin octobre, Melissa a traversé la Jamaïque et Cuba, causant d’innombrables dégâts. Après Erin et Humberto, c’était le troisième ouragan à avoir atteint cette saison la catégorie 5 (le plus haut niveau dans l’échelle des intensités), faisant de 2025 la deuxième année la plus touchée par des ouragans de cette violence. Aucun, cependant, n’a à ce jour touché les côtes américaines, et notamment la très vulnérable Floride. De quoi soulager les porteurs de cat bonds, qui l’ont échappé belle. A la fois densément peuplées, riches et largement couvertes par des contrats d’assurance, ces zones sont en effet au cœur du marché des obligations catastrophe, ces instruments de dette qui sont remboursés à leurs créanciers sauf si certains événements naturels (essentiellement des ouragans et des tremblements de terre) définis dans le contrat surviennent. Certes, un cat bond de l’Etat de Jamaïque pourrait être activé par le passage de Melissa mais il devrait rester isolé dans le marché. Au global, l’année 2025 devrait ainsi être, malgré ces trois ouragans mais aussi en dépit des incendies de Los Angeles (voir encadré), une année de faible sinistralité, tout comme 2023 et 2024.
Des performances à deux chiffres
Depuis trois ans, le marché des cat bonds – ainsi que de leur pendant non coté, les ILS (insurance-linked securities) – est, de fait, au beau fixe. La performance totale en dollars affiché par l’indice cat bond calculé par Swiss Re a atteint des records en 2024 (17,29 %) et surtout en 2023 (19,69 %), loin devant la...