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Pays émergents

Des marchés à ne pas jeter

Publié le 6 novembre 2015 à 16h21    Mis à jour le 13 novembre 2015 à 18h28

Audrey Spy

Les marchés actions et obligataires émergents continuent de subir d’importants retraits de capitaux depuis le début de l’année. Un phénomène jugé excessif par les gestionnaires qui parient sur un retour des investisseurs, compte tenu du potentiel à long terme de cette classe d’actifs.

La désaffection des investisseurs vis-à-vis des marchés émergents perdure en 2015. Après avoir enregistré une décollecte nette de 40 milliards de dollars en 2014, les produits actions et obligataires visant cette zone ont encore perdu 80 milliards de dollars de capitaux dans le monde depuis le début de l’année à fin octobre, selon les données d’EPFR. Ce désintérêt n’est pas nouveau puisque sur les trois dernières années, 172 milliards de dollars ont été retirés des fonds investis sur les émergents, dont 112 milliards de dollars sur les seuls produits actions.

Une exposition fortement réduite

Les investisseurs se sont en effet massivement détournés des Bourses émergentes.

«En cinq ans, le poids des actions émergentes dans les portefeuilles globaux des investisseurs s’est fortement contracté à mesure que la performance de ces marchés se repliait, explique Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco AM. Le MSCI Emerging Markets sous-performe, en effet, depuis plusieurs années. Cet indice a perdu plus de 11 % depuis le 1er janvier, après des performances négatives proches de - 3 % en 2014 et de - 10 % en 2013.» Au total sur les cinq dernières années, mise à part 2012 qui était porteuse grâce à une performance boursière de plus de 12 %, les investisseurs ont, tous les ans, été déçus par leurs placements sur les émergents. Mais ils n’ont que récemment coupé fortement leurs positions. «Les investisseurs ont souvent un temps de retard par rapport au cycle puisqu’ils prennent conscience tardivement d’un retournement sur les marchés, souligne Wojciech Stanislawski, gérant chez...

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