Après un bref regain en 2025, la gestion active peine à s’imposer face à la progression continue de la gestion indicielle. Malgré des phases de volatilité propices, en théorie, à la sélection de titres, la domination persistante des grandes valeurs technologiques continue de soutenir les stratégies passives. Au risque de limiter le champ d’expression des gérants actifs, qui veulent peser dans les débats réglementaires actuels.
L’élection de Donald Trump et les tensions commerciales avaient incité les investisseurs à diversifier leurs avoirs hors des méga-capitalisations technologiques. Les craintes d’une correction des marchés, alimentées par la concentration croissante des indices et l’envolée des valeurs technologiques, avaient alors favorisé la gestion active. « Quand les marchés sont plus volatils, la perception du risque porté par les instruments de gestion passive s’accroît et l’on observe un regain d’intérêt pour la gestion active », observe Kevin Thozet, membre du comité d’investissement de Carmignac et l’un des initiateurs du livre blanc publié le 22 avril dernier en faveur de la gestion active.
Mais cet épisode favorable n’aura duré que moins d’un an, et prit fin en ce début d’année. Contrairement aux prévisions, le conflit au Moyen-Orient, en mars, n’a pas permis de relancer durablement la gestion active. Ce mois-là, la décollecte sur la gestion active approchait de 40 milliards euros, souligne Morningstar (étude European Asset Managers du 2e trimestre). En avril et mai, la hausse des grandes valeurs technologiques, dont les résultats se sont avérés largement supérieurs aux attentes, a étouffé le rebond de la gestion active. Le Nasdaq a ainsi repris sa hausse, volant de record en record (+16,54 % entre le début de l’année et ce 1er juin, contre 6,27 % pour le Dow Jones et 5,4 % pour l’Eurostoxx 50). Si les marchés émergents font mieux (+26 % pour le MSCI Emerging Markets), c’est aussi...