Si les indices boursiers des marchés émergents restent dans le vert depuis le début de l’année, les événements au Moyen-Orient les placent sous tension. Les pays importateurs d’hydrocarbures sont les premiers menacés. Mais par ses effets de second tour, l’inflation pourrait toucher plus largement la zone et la thématique phare de l’IA. D’autres relais de croissance existent toutefois.
Le blocage du détroit d’Ormuz, depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février, pénalise tout particulièrement une zone, l’Asie, et notamment ses économies émergentes. « 38 % des quelque 20 millions de barils de pétrole qui transitent normalement chaque jour par le détroit sont à destination de la Chine, et 15 % à destination de l’Inde », souligne Mabrouk Chetouane, responsable de la stratégie globale de marché chez Natixis IM. Selon CPR AM, 67 % de la consommation d’or noir de la Corée du Sud est importée du Moyen-Orient. C’est 55 % pour un pays comme la Thaïlande. Si les stocks coréens et chinois sont importants (environ 200 jours), les réserves indiennes ou philippines ne dépassent pas un mois. Sur la zone, seule la Malaisie est exportateur net de pétrole.
Une correction limitée
Cette dépendance énergétique, couplée à un dollar reparti à la hausse, a logiquement pénalisé les performances de la classe d’actifs des actions émergentes, dont l’Asie est la locomotive. Depuis le début du conflit, l’indice MSCI Emerging Markets a ainsi perdu 9,5 % (en dollars, au 1er avril). Un chiffre qui cache des disparités. « Par rapport à l’Asie, l’Amérique latine est immunisée par la production d’hydrocarbures brésilienne et mexicaine, précise Mabrouk Chetouane. En termes de performances boursières, l’écart se creuse entre les deux zones. » Le MSCI Emerging Asia perd ainsi 10,2 % sur la période, contre à peine 3 % pour son équivalent latino-américain. L’indice Bovespa brésilien est même à l’équilibre...