Entre croissance soutenue des bénéfices, valorisations encore sages et réformes structurelles majeures, de nombreux signaux sont au vert pour les marchés émergents. Elias A. Elias, Client Portfolio Manager chez Templeton Global Investments, décrypte ce momentum qui pourrait s’installer durablement.
Vous avez une vue positive sur les actions émergentes. Pour quelles raisons ?
Nous sommes effectivement convaincus de l’intérêt de la classe d’actifs sur le long terme.
Tout d’abord, la croissance des bénéfices des entreprises des pays émergents est soutenue. Elle est en effet estimée en moyenne annuelle à 18 % pour les 3 ans à venir, ce qui est même supérieur à la progression attendue pour les sociétés des pays développés (avec une moyenne annuelle estimée de l’ordre de 13 %).
En parallèle, les cours des actions émergentes sont très attrayants. Le PER moyen du MSCI Emerging Markets ressort autour de 12,6 x contre 19,2 x pour le MSCI World (DN markets)[1], soit une décote de plus de 30 % par rapport aux marchés d’actions des pays développés.
Nous considérons par ailleurs que les réformes engagées dans de nombreux pays sont très favorables pour la classe d’actifs. C’est par exemple le cas en Inde, où les baisses d’impôts devraient soutenir la consommation. En Chine, la campagne anti-involution[2] visant à mettre un terme aux pratiques concurrentielles destructrices devrait avoir un impact positif pour les entreprises. Enfin, en Corée du Sud, les avancées en matière de gouvernance des sociétés devraient rassurer les investisseurs.
Les évènements en Iran ne risquent-ils pas de stopper cette dynamique ?
On ne peut en effet pas faire abstraction des tensions au Moyen-Orient. Le risque de transmission sur l’économie mondiale – qui dépendra de la durée de la crise – réside dans l’évolution du prix du pétrole et, par voie de conséquence, dans les effets que cela pourrait avoir sur l’inflation et la croissance.
Il faut garder à l’esprit que les marchés émergents ont beaucoup évolué et que la classe d’actifs dans sa globalité...