Placement vedette aux souscriptions record lors de la remontée des taux, les fonds d’obligations à échéance doivent prouver que leur succès dépasse l’effet de cycle, dans un environnement de taux stabilisés, de flux en rotation et de défis de fidélisation inédits.
Les mutations du marché de la dette et la pression à la baisse sur les taux des émissions de qualité posent aujourd’hui de nouveaux défis aux fonds d’obligations à échéance. Si la promesse fondatrice de visibilité du rendement à un horizon connu demeure intacte, sa mise en œuvre devient plus exigeante, à commencer par la question du rendement cible. Un challenge pour les gérants, qui doivent renouveler des générations entières de fonds arrivant à échéance. Car leur succès, nourri par le retour de rendements élevés et lisibles, a été fulgurant : partis de moins de 10 Md€ avant le décollage de 2022, leurs encours ont bondi à près de 29 Md€, portés par plus de 17 milliards de souscriptions cumulées en 3 ans, faisant de cette catégorie la première spécialité obligataire en France. Devenus incontournables auprès des particuliers, ces véhicules doivent désormais composer avec un nouveau contexte de marché. La collecte, qui avait culminé à 9,7 Md€ de souscriptions nettes en 2023, s’est réduite à environ 1,5 Md€ en 2025, avant d’afficher des rachats nets de − 390 M€ au premier trimestre 2026, selon les données de Broadridge Financial Solutions. « Les sorties correspondent avant tout à l’arrivée à échéance des fonds de générations précédentes », explique Alain Krief, responsable de la gestion obligataire chez Edmond de Rothschild Asset Management.
Cependant, les gérants parviennent à renouveler leurs offres, avec près d’une trentaine de fonds datés récents en phase de...