Les investisseurs institutionnels français se sont engagés à investir, entre 2020 et 2026, plus de 15 milliards d’euros dans la tech, notamment française, au titre de l’initiative Tibi. Des flux qui ont incité nombre de gérants à se spécialiser sur la thématique, en coté comme en non coté. Les obstacles restent toutefois multiples.
Lancée il y a cinq ans pour soutenir financièrement les entreprises technologiques, en particulier françaises, l’initiative Tibi – du nom de l’économiste Philippe Tibi qui en est à l’origine – a rehaussé, mi-septembre, ses objectifs : les investisseurs institutionnels participant s’engagent désormais à flécher, d’ici fin 2026, entre 9 et 10 milliards d’euros vers ces acteurs de l’innovation. C’est une rallonge d’un gros tiers par rapport à la cible précédente, fixée à 7 milliards pour cette seconde phase de l’initiative censée s’étaler de 2023 à 2026. Si l’on ajoute les 6,4 milliards déjà mobilisés lors du premier programme (2020-2022), cela porte à plus de 15 milliards d’euros le soutien financier à la tech des 37 grands investisseurs partenaires. Un afflux d’argent qui a permis de faire émerger un écosystème de gérants français capables d’accompagner sur le long terme la « French Tech ».
Une effervescence sur le pilier non coté
C’est dans l’univers non coté que les efforts ont été les plus visibles. Pas moins de 120 fonds ont été homologués depuis 2020, selon les chiffres de la Direction générale du Trésor arrêtés à fin mars. Ils opèrent sur un large spectre de stratégies, à commencer par le segment « late stage » du capital-innovation – pour les entreprises non encore rentables – et celui du « buy-out » – pour celles qui le sont déjà. « La première phase de l’initiative a permis de renforcer très significativement l’offre de fonds de growth et de tech LBO, avec la création de nouvelles équipes, salue Cyrille...