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Stratégie

Gestion à impact : une voie exigeante pour les asset managers

Publié le 9 septembre 2022 à 10h00

Séverine Leboucher    Temps de lecture 12 minutes

De plus en plus de sociétés de gestion cherchent à adapter le concept d’impact investing à l’univers coté, et notamment aux actions. Un choix stratégique qui, pour être mis en œuvre de manière crédible, implique de passer beaucoup de temps sur l’élaboration d’une méthodologie et sur la collecte des données pertinentes… pour des encours encore faibles.

Né dans l’univers non coté à la fin des années 2000, le concept d’impact intéresse depuis quelques années de plus en plus de gérants d’actifs spécialisés dans les marchés cotés. Pouvoir mettre en avant, auprès de leurs clients, les effets positifs concrets qu’ont leurs investissements sur la société (nombre d’emplois créés, nombre de personnes sorties de la pauvreté par exemple) ou l’environnement (émissions de carbone évitées, volume d’eau économisé, etc.) est en effet un atout pour ces asset managers qui butent, d’un point de vue marketing, sur l’approche très théorique de la gestion ESG traditionnelle. Avec l’impact, il leur est possible de « donner du sens » à l’argent.

«Il nous a fallu deux ans de réflexion et de travaux méthodologiques avant de lancer notre premier fonds à impact. »

Yvan Delaplace Product specialist dédié aux stratégies à impact ,  Union Bancaire Privée

Une démarche de longue haleine

A ce stade, c’est encore un marché de niche. Novethic l’estime, fin 2021, à 14 milliards d’euros en France, répartis dans 42 fonds (lire encadré). Mais au fil des mois, le nombre de sociétés de gestion qui lancent des stratégies d’impact investies dans des actifs cotés et notamment sur les marchés actions, ne cesse de grossir, qu’il s’agisse d’acteurs français (OFI AM, La Financière de l’Echiquier, CPR, etc.) ou d’origine étrangère (Schroders, UBP AM, NN IP, etc.). Le résultat d’une démarche souvent entreprise depuis cinq à six ans, dans la foulée de la publication des objectifs de développement durable (ODD) par les Nations unies. « Il nous a fallu deux ans de réflexion et de travaux méthodologiques avant de lancer notre premier fonds à impact sur les actions européennes en 2018 », témoigne Yvan Delaplace, product specialist dédié aux stratégies à impact au sein de l’Union Bancaire Privée (UBP).

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