La remontée des taux d’intérêt redonne de l’attrait aux obligations souveraines dans les portefeuilles des assureurs. Mais ce retour s’accompagne d’un changement d’approche, la volatilité des taux, le risque de rachat, une hiérarchie accrue entre émetteurs publics et la réforme de Solvabilité 2 imposent une gestion plus active de la duration et de la liquidité, et plus sélective quant à la qualité des signatures.
Depuis quelques jours, la hausse des taux d’intérêt à long terme s’est accélérée, le 10 ans allemand affichait ainsi un rendement de 3,15 % mardi 19 mai, le 10 ans français 3,77 %, le 10 ans au Royaume-Uni 5,31 % et le 10 ans américain 4,60 % ! Une situation liée à la guerre en Iran. « Derrière le blocage d’Ormuz se profile un risque de stagflation, qui augmente notamment en Europe », observe Baptiste Buisson, directeur des gestions mandats et solutions chez Ofi Invest Asset Management. Pour les assureurs, cette toile de fond ne se traduit pas nécessairement par des réallocations massives. « Ils ne réagissent pas avec précipitation à ce type d’événement, note Ghislain Perisse, responsable mondial des solutions assurantielles chez Fidelity International. Ils attendent de voir ce que cela peut signifier dans la durée. » La géopolitique s’inscrit davantage dans la politique de risques. « Elle est intégrée au travers des limites d’exposition par pays, des plafonds sectoriels, des tests de stress de liquidité et des analyses de scénarios, plutôt que par des positions à court terme », détaille Amir Fergani, head of credit LDI chez Generali Asset Management.
Le retour du rendement obligataire
Il n’en demeure pas moins que les compagnies d’assurances sont directement concernées par la hausse des taux d’intérêt. Selon la dernière enquête de l’AF2I (Association française des investisseurs institutionnels), les compagnies d’assurances et les mutuelles consacraient 67,2 % en moyenne de leur actif aux obligations et...