Alors que le déficit de la branche vieillesse continue de se creuser, le plan d’épargne retraite (PER) s’impose progressivement comme le principal support d’épargne longue dédié à la préparation de la retraite. Sa montée en puissance confirme l’appétit des épargnants comme des entreprises, mais révèle aussi les limites d’un dispositif encore inégalement diffusé, très dépendant de l’incitation fiscale et appelé à évoluer dans sa gestion financière.
Selon le rapport de la Cour des comptes sur la Sécurité sociale 2026 publié le 27 mai, le déficit de la branche vieillesse s’est creusé de 1,5 milliard d’euros entre 2024 et 2025, pour atteindre 7,1 milliards d’euros. La question des retraites devrait ainsi à nouveau s’imposer comme l’un des thèmes centraux de la prochaine présidentielle. Au-delà du débat sur l’âge légal ou la durée de cotisation, la question d’un complément de retraite par capitalisation revient au premier plan. L’Association française de la gestion financière (AFG) prépare d’ailleurs un livre blanc consacré au sujet (voir encadré) dont le contenu sera dévoilé le 17 juin, signe que les acteurs de la gestion d’actifs entendent bien peser dans le débat. Dans cette perspective, le plan d’épargne retraite (PER) fait figure de première ébauche de capitalisation. Issu de la loi Pacte de 2019, il avait pour ambition de regrouper les anciens produits d’épargne retraite dans une enveloppe unique, organisée autour de trois compartiments – individuel, collectif et obligatoire. Six ans plus tard, le dispositif s’avère un succès : au 31 décembre 2025, selon Bercy, il comptait quelque 12,9 millions de titulaires pour 150,4 milliards d’euros d’encours, répartis entre le PER individuel (88,5 milliards d’euros), le PER collectif (33,9 milliards d’euros) et le PER obligatoire (28 milliards d’euros). Sur un an, les encours avaient progressé de 20 ...