La multiplication des défis sociaux souligne l’impact potentiel des stratégies fondées sur le « S » de l’ESG. Pourtant, les fonds à dominante sociale restent une niche dans l’univers de la gestion durable. Répondant à des exigences très variées, ces fonds de gestion de conviction sont encore difficiles à comparer.
Ils s’appellent « Choix Solidaire », « Conservateur Emploi Durable », « Education et Dialogue », « Insertion Emplois Dynamique »… Des noms qui interpellent dans l’univers de la gestion d’actifs, faits pour séduire les investisseurs qui estiment que la qualité d’une entreprise ne se réduit pas à ses seuls résultats financiers. Et pourtant les fonds sociaux restent le parent pauvre de l’investissement responsable. « On en dénombre 212 en Europe, dont 108 disponibles en France, pour un encours global de 94 milliards d’euros. Cela représente 3,5 % de la thématique ESG globale », détaille Mara Dobrescu, responsable de la recherche des fonds chez Morningstar. Et comme pour l’ensemble des fonds durables, les fonds sociaux subissent des retraits nets (2 milliards d’euros sur un an selon Morningstar), affectés par les tensions géopolitiques et les reculs réglementaires, notamment aux Etats-Unis.
«La demande pour les fonds sociaux progresse, mais pas autant que pour les fonds environnementaux, qui ont explosé depuis la COP 21 et surtout depuis le Covid.»
Mais le problème est plus structurel. « La demande pour les fonds sociaux progresse mais pas autant que les fonds environnementaux, qui ont explosé depuis la COP 21 et surtout depuis le Covid », constate Miguel Rodrigues, gérant du fonds Choix solidaire d’Ecofi, qui développe une allocation multi-actif avec environ 55 % d’obligations, jusqu’à 35 % d’actions et une poche investie en titres d’entreprises solidaires non cotées (voir encadré). « Les émissions de social bonds et de sustainability bonds pour financer des projets comme l’emploi, la formation, l’éducation ou l’accès à l’eau potable...