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Finance durable

Les pionniers de l’impact peinent à décoller

Publié le 10 février 2023 à 10h21

Séverine Leboucher    Temps de lecture 12 minutes

Si la notion a récemment émergé dans la sphère de l’investissement coté, l’impact est un concept dont se sont depuis longtemps saisis une poignée d’acteurs dans l’univers non coté. Puristes dans leur approche, souvent militants, ces précurseurs voient d’un bon œil la banalisation de leur approche. Mais ils ne parviennent pas pour l’instant à en tirer profit.

Depuis quelques années, c’est devenu un Graal : le concept de l’impact s’est très rapidement répandu dans l’univers de la gestion d’actifs, souvent perçu par la finance traditionnelle comme l’étape ultime de l’investissement responsable grâce au sens qu’il permet de donner aux placements. Mais si le terme est encore assez récent parmi les gérants actifs sur les marchés cotés, il est très familier de quelques acteurs du non-coté qui en ont fait leur spécialité depuis une dizaine d’années, voire plus. « La SIDI (Solidarité internationale pour le développement et l’investissement) a été créée par l’ONG CCFD Terre Solidaire il y a 40 ans – soit bien avant que l’on ne parle d’investissement à impact – autour de l’idée que la finance a un rôle à jouer dans le développement économique des pays pauvres », relève Emilie Debled, directrice générale de la SIDI. Qu’ils financent des PME en Afrique, des institutions de microfinance en Inde ou des entreprises sociales en France, ces pionniers de l’impact sont longtemps restés à la marge de la finance, cantonnés dans la niche de la finance « solidaire » (lire encadré). Aujourd’hui, leur approche est sous le feu des projecteurs.

«Nous étions trop peu nombreux dans le domaine de l’investissement à impact pour faire face aux enjeux actuels en matière de dérèglement climatique ou de souffrance sociale. »

Fanny Picard Fondatrice ,  Alter Equity 

Un sujet mieux identifié

Cette banalisation du concept d’impact est largement saluée par ces précurseurs. « Toute forme de finance qui va au-delà du simple triptyque rendement/risque/liquidité va dans le bon sens », approuve Frédéric Tiberghien, président de l’association FAIR, le gestionnaire du label Finansol, dont le nombre de membres...

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