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Pétrole : la nouvelle donne des prix bas

Publié le 29 mai 2020 à 11h14

Sandra Sebag

L’effondrement de la demande de brut du fait de la crise sanitaire, conjugué au choc d’offre résultant du bras de fer entre l’Arabie Saoudite et la Russie, ont fait plonger les prix du pétrole à des niveaux inédits. Si, depuis, les cours se sont repris, les spécialistes considèrent qu’ils devraient rester durablement bas. Une situation qui affecte les valeurs du secteur.

Des douzaines de tankers en attente de trouver preneur pour leur cargaison dans la baie de San Francisco : les images parues en avril dernier illustrent parfaitement, à elles seules, la crise spectaculaire que connaît le pétrole. En trois mois, ses prix ont subi une chute vertigineuse, allant même, pour le WTI, jusqu’à plonger en territoire négatif en avril, à - 37 dollars sur le marché à terme. Du jamais-vu dans l’histoire pourtant mouvementée du secteur ! Cet effondrement résulte d’un autre phénomène inédit : pour la première fois également, le pétrole s’est trouvé confronté à un double choc, de demande et d’offre.

La décélération de la croissance mondiale, cumulée à des perspectives moins favorables en Chine, premier consommateur de brut au niveau mondial, a en effet commencé à peser sur les cours dès la fin de 2018. Ceux-ci sont passés d’un plus haut à 86,29 dollars le baril de Brent à Londres le 3 octobre 2018 à quelque 70 dollars le baril le 1er janvier de cette année. La situation s’est soudainement aggravée avec la crise du Covid, qui a mis à l’arrêt dans un premier temps des régions entières en Chine, puis l’Europe et enfin la plupart des économies mondiales. «Ce n’est que la troisième fois depuis la crise pétrolière des années 1970 que la demande est en régression et c’est la première fois que cette baisse est aussi vive, souligne Benjamin Louvet, gérant matières premières chez OFI Asset Management. Elle est passée de 100 millions de barils/jour à 70 millions, un recul d’une ampleur inégalée.»

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