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Interview - Jean Boivin, directeur général du BlackRock Investment Institute

«Pour stimuler l’économie, il faut mettre plus directement l’argent dans les mains de ceux qui peuvent l’utiliser efficacement»

Publié le 25 octobre 2019 à 15h37    Mis à jour le 25 octobre 2019 à 17h58

Propos recueillis par Séverine Leboucher et Valérie Nau

Convaincu de l’impuissance de la politique monétaire actuelle en cas de récession, Jean Boivin, ancien sous-gouverneur de la Banque du Canada, plaide, aux côtés d’autres experts du BlackRock Investment Institute, pour la mise en place d’un mécanisme innovant qui permettrait à la banque centrale de distribuer, en coordination étroite avec les Etats, des liquidités directement aux agents économiques. Inspirée de la «monnaie hélicoptère», cette facilité devrait toutefois faire l’objet de stricts garde-fous pour éviter les dérives...

Dans une étude parue en août dernier, vous plaidez, avec d’autres experts du BlackRock Investment Institute – dont l’ancien vice-président de la Fed Stanley Fischer et Philipp Hildebrand, ancien président de la Banque centrale suisse – pour une plus grande concertation entre les politiques monétaire et budgétaire, à travers la mise en place d’une «instance fiscale d’urgence» en cas de récession. Peut-on encore innover dans ce domaine ?

Nous pensons que la question majeure à laquelle sont actuellement confrontés les gestionnaires de fonds et leurs clients n’est pas tant de savoir quand aura lieu la prochaine récession, mais comment elle se produira. Le problème, c’est qu’il n’existe pas de plan d’action sur lequel les gouvernements pourront s’appuyer quand le choc arrivera. Or, si ce choc est important, la politique monétaire n’aura plus les moyens d’y répondre et on ignore quelles réponses les gouvernements vont pouvoir apporter. Ces incertitudes ont, selon nous, déjà un impact sur les marchés, dans la mesure où elles créent de l’anxiété et contribuent à une aversion au risque accrue. Cela explique pourquoi les investisseurs cherchent refuge vers des actifs considérés comme sûrs, c’est-à-dire les obligations gouvernementales, ce qui entretient le bas niveau des taux.

Les banques centrales sont-elles devenues impuissantes ?

Mon avis est peut-être biaisé – j’ai moi-même été dans le passé un banquier central – mais j’ai la forte conviction que les mesures qui ont été prises après la crise de 2008 ont été très efficaces. Beaucoup...

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