Le fonds de pension californien CalPERs a officiellement adopté, début juillet, les principes de la total portfolio approach, ou TPA. Ce concept, qui existe depuis les années 2000, consiste à abandonner l’allocation stratégique figée par grandes classes d’actifs au profit d’une vision holistique et dynamique du portefeuille. Dans les faits, c’est surtout une transformation de la gouvernance qui est à l’œuvre, pour des résultats encore contestés.
Comment gérer au mieux aujourd’hui son allocation d’actifs quand on est un investisseur institutionnel ? Le 1er juillet, CalPERS, le très puissant fonds de pension des fonctionnaires californiens, fort de plus de 500 milliards de dollars d’encours, a répondu à la question en troquant la traditionnelle « allocation stratégique d’actifs » (SAA en anglais) pour une approche dite « de portefeuille total » ou « total portfolio approach » (TPA). « Nous sommes le premier fonds de pension aux Etats-Unis à le faire, et je suis convaincu que cela donnera au personnel de CalPERS l’avantage dont il a besoin pour prendre des décisions d’investissement éclairées », avait déclaré, au moment de la décision fin 2025, David Miller, président du comité d’investissement de CalPERS.
En dehors des Etats-Unis, la TPA n’est pas nouvelle : elle est mise en œuvre depuis une quinzaine d’années par quelques grands acteurs institutionnels comme le fonds de pension canadien CPPIB, le fonds souverain de Nouvelle-Zélande NZ Super Fund ou encore celui de Singapour, GIC. Parmi la liste, aucun Français mais quelques Européens : les fonds de pension britannique Railpen et néerlandais PFCW (géré par PGGM) ont par exemple sauté le pas ces dernières années. « En juin 2025, nous sommes passés d’une approche d’investissement passive à une approche en trois dimensions (3D), à savoir le risque, le rendement et la durabilité à poids égal : le portefeuille qui en résulte est géré selon les principes de la TPA », explique Jeroen Rijk, head of total portfolio management chez PGGM.