Après une crise totalement inédite, durant laquelle l’économie a pratiquement été mise entre parenthèses, la croissance est repartie. Quel est le rôle des Etats et des banques centrales dans la relance ? Comment se caractérise-t-elle ?Funds s’interroge sur les perspectives macroéconomiques dans la zone euro. Quels sont les risques à court et moyen terme ?Quels sont les secteurs qui profitent le plus de la croissance ?Du côté des entreprises, que peut-on attendre en matière d’évolution des profits ?Comment profiter de cette relance économique (classes d’actifs, sélection d’actions, fléchage des fonds avec le label « Relance », etc.) ?
- Comment analysez-vous le contexte macroéconomique actuel ?
- Cette question se posait déjà fin 2019, avant la crise du Covid-19…
- Les plans de relance sont très orientés vers la transition énergétique. Ne risque-t-on pas d’avoir une économie à plusieurs vitesses, avec des secteurs en forte croissance qui attirent beaucoup de capitaux ? Des tensions peuvent-elles apparaître à court t
- Quel bilan peut-on faire pour les marchés financiers depuis un an ?
- En matière d’allocation d’actifs, comment profiter de la dynamique de croissance économique dans un tel environnement ?
- Dans l’environnement actuel, le marché américain restera le marché directeur. L’Europe est en retard, avec un décalage dans le redémarrage de la croissance, mais, pour autant, on ne voit pas vraiment de mouvements de flux vers la zone euro.
- Si l’environnement macroéconomique évolue favorablement, il faut donc privilégier les actions ? Comment s’exposer à la classe d’actifs ?
Comment analysez-vous le contexte macroéconomique actuel ?
Matthieu Grouès (associé-gérant et responsable des gestions, Lazard Frères Gestion) : Des plans de soutien monétaire et budgétaire très importants ont été mis en place. Ils n’ont pas encore totalement diffusé leur impact dans l’économie. Certains éléments permettent d’anticiper une demande forte dans les prochains trimestres. Pour une fois, ce n’est pas la demande qui pose question, mais l’offre. Dans certains secteurs, il y a des goulets d’étranglement et la situation ne semble pas si temporaire. Des industries commencent à manquer de certains composants et, par ailleurs, les coûts du fret s’envolent. Au-delà de ces problèmes de court terme, on peut s’interroger sur un risque de surchauffe qui pourrait amener les banques centrales à intervenir plus rapidement que prévu.
L’état du marché du travail américain suscite des doutes. La banque centrale reconnaît l’existence de tensions, mais les considère comme transitoires : les majorations des indemnités de chômage ainsi que la fermeture des écoles, qui constituaient les deux freins pour postuler à des emplois, ont été levées. On peut toutefois douter de la normalisation du marché du travail. Aujourd’hui, il y a 11 millions d’emplois vacants aux Etats-Unis, contre 7 millions avant la crise, ce qui était déjà un plus haut historique. Les gens reviennent progressivement sur le marché du travail mais seront-ils 4 millions à le faire ? S’il s’avère que le marché du travail américain ne se détend pas dans les prochaines semaines, cela...