Les résultats de l’élection européenne ont été suivis de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, provoquant une vive réaction des marchés et une réelle inquiétude sur la trajectoire de la dette et des déficits
publics. Faut-il redouter un impact à plus long terme des résultats électoraux en Europe et surtout des législatives en France sur les marchés ? Quelles sont les perspectives macroéconomiques dans les prochains mois ? Quid de l’inflation ? Que peut-on attendre des banques centrales (baisse des taux en Europe, aux Etats-Unis ?) Comment construire une allocation d’actifs équilibrée dans un tel contexte, sur fond de tensions géopolitiques et de regain de volatilité ? Quelles sont les classes d’actifs à privilégier ? Comment diversifier et protéger les portefeuilles ?
- Les résultats de l’élection européenne ont été suivis de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, provoquant une vive réaction des marchés. Cela remet-il en cause vos scénarios pour les prochains mois ?
- Comment expliquez-vous la résilience de l’économie américaine ? La Fed baissera-t-elle finalement ses taux cette année ?
- L’élection présidentielle de novembre peut-elle influencer la politique monétaire ?
- Quelles peuvent être les conséquences de cette divergence de politique monétaire entre les Etats-Unis et la zone euro ?
- Les tensions géopolitiques sont-elles de nature à relancer l’inflation ?
- Les marchés émergents hors Chine ne manquent pas d’attrait, mais il y a très peu de flux. Pourquoi une telle défiance des investisseurs ?
- Aujourd’hui, comment sont constitués les portefeuilles diversifiés ? Quelle est la part allouée aux obligations ? Aux actifs risqués ? Comment évoluent les corrélations ?
Les intervenants :
- Loïc Bécue, gérant gestion diversifiée et allocation d’actifs, Sienna IM
- Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques, de la gestion diversifiée et de l’allocation d’actifs, Lazard Fères Gestion
- Joffrey Ouafqa, directeur des gestions, Pôle AM, Auris Gestion
Les résultats de l’élection européenne ont été suivis de l’annonce de la dissolution de l’Assemblée nationale, provoquant une vive réaction des marchés. Cela remet-il en cause vos scénarios pour les prochains mois ?
Loïc Bécue - Les résultats de l’élection européenne ne sont pas une surprise, car nous savions que les formations de droite montaient en puissance. Cependant, à l’issue de ce vote, nous constatons que même si ces formations ont pris des sièges aux partis écologistes, elles n’ont pas la majorité. Cela ne va donc pas changer grand-chose. En revanche, en France, l’annonce du président Macron a été un choc qui s’est forcément répercuté sur les marchés financiers, qui ont horreur de l’incertitude. L’impact sur le CAC 40 par rapport à l’Eurostoxx ou sur le taux 10 ans comparé au Bund allemand a été immédiat, avec un effet marqué pour les banques, en raison des craintes quant à la dynamique d’écartement des spreads souverains, mais aussi car le RN a déjà évoqué l’hypothèse de surtaxer leurs profits. C’est peu probable mais cela génère de la volatilité sur le marché qui aurait dû plutôt se focaliser sur la baisse des taux annoncée par la BCE.
Joffrey Ouafqa - Au niveau européen, le résultat de l’élection est en effet un non-événement, car la modification du Parlement est assez mineure. En revanche, il faut noter l’évolution des attentes des électeurs européens – le recul des écologistes indiquant un moindre intérêt pour la transition énergétique – et des préoccupations qui se sont déplacées vers l’immigration, la sécurité ou le pouvoir d’achat. En France, la dissolution provoque une réelle inquiétude sur la trajectoire de la dette et des déficits. La répercussion sur le spread entre...