L’année 2023 a apporté son lot de mauvaises surprises et se termine sur fond de tensions géopolitiques accrues. La bataille contre l’inflation a été plus longue que prévu. Parmi les bonnes surprises de fin d’année, la résistance de l’économie américaine et le rallye sur les principaux marchés actions dans la perspective d’une normalisation des politiques des banques centrales. Quel bilan peut-on tirer de l’année 2023 sur les marchés ? Comment ont évolué les principales classes d’actifs ? Que peut-on attendre pour 2024 sur le plan macroéconomique ? Quid de la récession aux Etats-Unis ? En Europe ? Quels sont les principaux risques à surveiller ? Comment construire une allocation d’actifs solide pour les prochains mois ? Quelles classes d’actifs privilégier ? Comment diversifier et protéger les portefeuilles ?
- Que doit-on retenir de cette année 2023 ? Quels sont les événements qui ont pesé sur les allocations d’actifs ? Les bonnes et les mauvaises surprises ?
- Comment ont évolué les principales classes d’actifs ? Avez-vous été surpris par la performance des marchés actions, notamment au premier semestre ? Quelles ont été les conséquences sur les portefeuilles ?
- 2024 sera-t-elle l’année de la récession ? Et si oui, que peut-on attendre des banques centrales ? Quels en seront les effets sur les principales classes d’actifs ?
- L’élection présidentielle aux Etats-Unis peut-elle peser sur la politique monétaire américaine ?
- Et du côté de la BCE, à quoi faut-il s’attendre ?
- Comment se traduit votre vision plutôt optimiste dans l’allocation d’actifs pour les prochains mois ? Quelle est votre exposition aux actifs risqués ?
- Vous envisagez un éventuel rebond des small caps en raison notamment des valorisations très faibles. N’y a-t-il pas un problème structurel sur cette classe d’actifs qui expliquerait le désintérêt persistant des investisseurs ?
- En dehors de la Chine en raison de ses problèmes spécifiques, les marchés émergents, actions ou dette, apportent-ils de la diversification ?
- Vous attendez un second semestre 2024 assez différent du début d’année. Il faudra donc être très tactique l’an prochain ?
Les intervenants :
- Benjamin Melman, directeur des gestions, Edmond de Rothschild AM
- Pierre Castel, co-gérant de la gamme flexible, Crédit Mutuel AM
- Julien-Pierre Nouen, directeur de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion
Que doit-on retenir de cette année 2023 ? Quels sont les événements qui ont pesé sur les allocations d’actifs ? Les bonnes et les mauvaises surprises ?
Pierre Castel - Durant l’année écoulée, nous avons été surpris par la résilience de l’économie américaine et déçus par la Chine dont nous attendions une meilleure croissance économique. Outre cette déception, l’année a été ponctuée de quelques événements atypiques comme la faillite de la Silicon Valley Bank (SVB) aux Etats-Unis ou les problèmes géopolitiques au second semestre. La faillite de SVB nous a toutefois surpris par la vitesse et la qualité de l’intervention des autorités américaines, qui ont bien géré la crise. Idem en Chine où nous avions anticipé un risque plus important de contagion de la crise immobilière, mais les autorités ont été réactives. Dans la seconde moitié de l’année, la vitesse de la désinflation nous a également surpris alors que la consommation américaine résiste, la population continuant à dépenser.
Julien-Pierre Nouen - L’élément déterminant, lorsqu’on essaie de comprendre cette année 2023, c’est cette économie américaine qui a parfois donné l’impression de vaciller, notamment au printemps. A ce moment-là, quelques indicateurs nous ont laissés penser qu’elle basculait en récession. Mais, au contraire, la croissance a été très forte durant l’été et les anticipations de taux d’intérêt ont plutôt été revues à la hausse. L’augmentation des taux courts s’est finalement avérée plus importante que ce que le marché avait prévu en début d’année. L’économie américaine résiste bien, pour l’instant, et a surmonté plusieurs chocs. Outre SVB, nous avons tout de...