Constaté par tous les banquiers d’affaires, le renforcement du contrôle des opérations par les autorités de la concurrence pèse sur le secteur des fusions-acquisitions. Selon la dernière étude d’Allen & Overy, 32 opérations ont été bloquées au niveau mondial l’année dernière, contre 30 en 2020 et 2021. Dans 19 cas, les participants ont renoncé d’eux-mêmes, tandis que les 13 autres ont été bloquées par l’autorité de la concurrence concernée. En Europe, 6 opérations ont été bloquées en 2022, soit deux fois plus que l’année précédente.
Une évolution qui résulte notamment de l’intervention, désormais autorisée, des autorités de la concurrence dans des opérations censées être non notifiables, car en dessous des seuils officiels de contrôle. Le renforcement quasi général de la réglementation applicable aux investissements étrangers constitue un autre frein aux rapprochements. Certains secteurs, comme les sciences de la vie et l’énergie, continuent par ailleurs à être plus particulièrement visés par les autorités de la concurrence, tandis que l’adoption du Digital Market Act en Europe s’inscrit dans le cadre d’une surveillance accrue au niveau mondial des acteurs du numérique.