Malgré la pression observée depuis des mois sur les chaînes d’approvisionnement, l’investissement n’est pas un facteur d’accélération de l’inflation, observent, dans une récente note, les économistes d’Allianz. En effet, depuis 1979, l’investissement net des entreprises de l’OCDE suit plus ou moins fidèlement l’évolution de l’inflation. Après plus de quarante ans de baisse, il aurait donc dû rebondir de même à partir de 2021. Or tandis qu’il reculait encore de 4,5 % au premier trimestre 2021, il était proche de 0 % au quatrième trimestre 2022.
Pourtant, la situation financière des entreprises n’a jamais été aussi favorable à l’investissement : la hausse des marges bénéficiaires, la baisse du taux d’imposition effectif tout comme celle du coût de la dette jusqu’à mi-2021 ont dopé la rentabilité du capital investi. Mais les entreprises ont préféré renforcer leur cash, racheter leurs propres actions, ou verser plus de dividendes. Une stratégie court-termiste, également favorisée par des positions trop dominantes au sein de beaucoup de secteurs. Elle n’est toutefois pas soutenable à long terme, prévient Allianz, la faiblesse de l’investissement ne permettant pas de renforcer l’offre et donc de freiner l’inflation.