Choc pétrolier : comparaison n’est pas raison

Publié le 31 mars 2026 à 15h28

Christophe Morel    Temps de lecture 2 minutes

Comparer la hausse actuelle des prix du pétrole à celle des chocs précédents serait une erreur : elle a été alors nettement plus vive. Les banques centrales resteront donc prudentes, prenant en compte, notamment, la stabilité des anticipations d’inflation, qui témoigne d’une hausse des prix transitoire.

La récente hausse du prix du pétrole a alimenté de nombreux narratifs établissant des parallèles avec les précédents chocs pétroliers, ou encore avec l’épisode inflationniste de 2021-2022. Ces comparaisons ne sont pas pertinentes.

D’abord, l’appréciation de l’impact d’une hausse du prix du pétrole ne doit pas s’effectuer en termes nominaux, mais en termes réels, c’est-à-dire tenant compte des évolutions du niveau général des prix. Ce faisant, il apparaît que la dernière hausse du prix du pétrole n’est en rien comparable aux deux chocs pétroliers, à l’épisode de la première guerre du Golfe, ni même aux hausses de 2007-2008, 2010-2011et 2021-2022.

Ensuite, le choc de prix est, à ce stade du moins, concentré sur le pétrole. Cela diffère du choc systémique de 2021-2022, lorsque le redémarrage post-Covid et la guerre en Ukraine avaient provoqué une hausse généralisée des prix du pétrole, du gaz, des produits agricoles, des matières premières industrielles et du fret.

Dès lors, les banques centrales seront très prudentes dans l’évaluation des impacts économiques, entre le risque baissier sur la croissance et le risque haussier sur l’inflation. En pratique, elles s’appuieront sur deux baromètres : les anticipations d’inflation et les conditions financières. Tant que les anticipations restent stables, elles considéreront que la hausse des prix est transitoire, et privilégieront le risque baissier sur la croissance, a fortiori si les conditions financières se dégradent. Dans ce cas, elles envisageront des baisses de taux, et non pas des hausses.

Christophe Morel Chef économiste ,  Groupama Asset Management

Christophe Morel est chef économiste de Groupama Asset Management

Du même auteur

Voir plus

Chargement…