De la fragilité de l’approvisionnement énergétique

Publié le 17 juillet 2026 à 15h41

Sebastian Paris Horvitz  Temps de lecture 2 minutes

La guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran au début du mois de mars 2026 a provoqué le choc pétrolier le plus important de l’histoire. Avec la fermeture du détroit d’Ormuz, près de 20 % de la production mondiale de gaz et de pétrole est soudainement devenue inaccessible, alors que le nombre de navires commerciaux y circulant passait d’environ 120 à presque zéro.

La décision stratégique de l’Iran de bloquer la circulation maritime dans le détroit n’avait sans doute pas été anticipée par les Etats-Unis. Cette « arme » de dissuasion a dès lors joué un rôle déterminant dans la recherche d’un compromis entre Américains et Iraniens.

Pourtant, malgré ce choc d’offre massif, l’impact sur l’offre mondiale de pétrole n’a pas été aussi important qu’on pouvait le craindre. Le choc a été amorti, d’abord par une forte réduction de la demande, mais aussi par un outil précisément conçu pour faire face à ce type de crise : les stocks stratégiques de pétrole. Un héritage des chocs successifs provoqués par les conflits du Moyen-Orient dans les années 1970 et 1980.

Ainsi, depuis le début de la guerre en Iran, les Etats-Unis ont déjà injecté plus d’un million de barils par jour sur le marché, ramenant leurs réserves à leur niveau le plus bas depuis le début des années 1980. Si l’on regarde à l’échelle mondiale, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les stocks se sont réduits de 4 millions de barils par jour.

Mais cet amortisseur ne peut pas être sollicité indéfiniment, ce qui explique l’accord de réouverture du détroit d’Ormuz conclu il y a un mois. Et pourquoi le marché continue de parier sur la recherche d’un nouveau compromis, malgré la reprise des hostilités. Cette anticipation se reflète d’ailleurs dans la hausse relativement modérée du prix du pétrole (+17 %). Même si, pour le gaz naturel en Europe, la réaction a été bien plus brutale (+28 %).

Reste que, sans apaisement rapide, cette résilience pourrait s’essouffler et les espoirs d’une amélioration durable des perspectives économiques être sérieusement compromis.

Sebastian Paris Horvitz Directeur de la recherche ,  LBP AM

Sebastian Paris Horvitz est directeur de la recherche chez LBP AM

Du même auteur

Voir plus

Chargement…