L’IA et le monopole de l’information

Publié le 7 mai 2026 à 11h52

Sebastian Paris Horvitz    Temps de lecture 2 minutes

Depuis la fin mars, avant même l’accord de cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l’Iran, les principaux indices boursiers américains ont connu un rebond historique. Le S&P 500, en hausse de 15 %, évolue à ses plus hauts niveaux historiques. Et, une fois encore, cette envolée a été portée par les valeurs liées au développement de l’intelligence artificielle.

Le premier bénéficiaire est le secteur des semi-conducteurs, avec Nvidia en figure de proue. Derrière lui viennent les « hyperscalers », qui construisent les immenses infrastructures (notamment les data centers) nécessaires au traitement des montagnes de données alimentant les modèles d’IA.

Or ces mouvements de marché ne font qu’accentuer la domination déjà écrasante d’une poignée d’entreprises sur les dynamiques boursières, mais aussi économiques. Alphabet, Amazon, Apple, Microsoft, Nvidia et Tesla représentent désormais près d’un tiers de la capitalisation du S & P 500. La plupart disposent déjà de positions dominantes sur leurs marchés respectifs. Et toutes poursuivent désormais le même objectif : prendre le contrôle du marché de l’IA.

Les chiffres donnent le vertige. Les quatre plus gros hyperscalers (Alphabet, Amazon Meta et Microsoft) prévoient d’investir près de 750 milliards de dollars en 2026, soit 2,3 % du PIB américain. Un montant en hausse de 90 % en un an, et sans équivalent dans le monde.

Le consensus des économistes est que l’IA aura un impact majeur sur la productivité et donc sur la croissance potentielle de nos économies. L’ampleur exacte de ces gains reste débattue. En revanche, la question de la concentration économique qu’elle engendre demeure, elle, largement sous-estimée.

Pour les marchés, la thématique de l’IA semble aujourd’hui irrésistible. Elle paraît défier le cycle économique, les tensions géopolitiques, voire les guerres. Mais dans cette course à l’identification des futurs gagnants, il y aura aussi, inévitablement, de grands perdants.

Sebastian Paris Horvitz Directeur de la recherche ,  LBP AM

Sebastian Paris Horvitz est directeur de la recherche chez LBP AM

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