La BCE aboie, mais l’inflation passera…
Face à un choc d’offre, la politique monétaire apparaît largement inefficace. C’est la conclusion, a posteriori, des travaux des services d’études de la BCE : après 2022, l’essentiel de la désinflation s’explique par la normalisation des chaînes de production, bien plus que par le durcissement monétaire. Dès lors, pourquoi ce ton menaçant de la BCE face à une inflation largement importée ? La hausse des prix de l’énergie détruit mécaniquement de la demande, rendant un resserrement monétaire supplémentaire discutable. L’inquiétude des banquiers centraux porte sur les négociations salariales, dans un contexte marqué par le souvenir inflationniste récent. Il s’agit d’éviter tout désancrage des anticipations. Les « faucons » prônent même une hausse préventive pour la crédibilité ! Cependant, un tel mouvement paraît peu justifié. Les entreprises, confrontées à des marges sous pression et à un environnement concurrentiel exigeant, semblent peu enclines à accorder des hausses salariales. Une boucle prix-salaires apparaît improbable. Mais le rôle des banquiers centraux est aussi d’envoyer un signal de vigilance. La BCE, malgré sa vigilance affichée, pourrait in fine se montrer moins agressive que ne l’anticipent les marchés.
Christian Parisot est conseiller économique auprès du prestataire de services d'investissement Aurel BGC, dont il a été préalablement responsable de l’ensemble de la recherche, et Chef Economiste entre 2006 et 2021. Titulaire d’un diplôme universitaire, il a débuté en 1996 sa carrière d’économiste de marché à la Caisse Centrale des Banques Populaires (devenue ultérieurement Natixis) avant de rejoindre Aurel un an plus tard.
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