La montée du risque politique
Le dernier rebondissement dans la saga du Brexit illustre les tensions qui s’exercent dans une démocratie sur les implications économiques des choix politiques : hard ou soft Brexit ?
Les institutions imposent un débat à l’exécutif qui souhaiterait avoir les mains libres pour mieux négocier. Mais que négocier et quelles seront les conséquences économiques ? Le débat américain, à bien des égards très personnalisé, a pourtant bien marqué une étape supplémentaire dans le repli sur soi des Etats-Unis. L’élection de Donald Trump accroît l’incertitude, ont dit les dirigeants politiques européens. Elle ne sera pas sans impacts sur les échanges avec les partenaires économiques et sur les firmes mondiales américaines.
En Europe et en France, le libéralisme et la mondialisation se heurtent aussi à des classes moyennes qui en perçoivent mal les bénéfices et n’en comprennent pas toujours les mécanismes.
Dans un tel contexte, les thèmes d’investissement pourraient bien changer de direction : plus locaux, notamment dans les secteurs de la construction et la sécurité, moins mondiaux avec des menaces de chasses fiscales, mais aussi plus favorables aux petites et moyennes entreprises profitant des nouvelles donnes technologiques et du poids grandissant des régions. L’inflation qui renaît pourrait bien être stimulée par davantage de barrières douanières et se révéler être une aubaine pour les stocks de dettes publiques. Tout cela avec une classe politique ayant bonne conscience d’éviter la déflation et qui oublie les ravages inflationnistes que la génération qui part à la retraite a combattus.
Jean-François Boulier est président d'honneur de l'Af2i.
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Jean-François Boulier