Le ralentissement synchronisé de l’économie mondiale ne devrait pas durer

Publié le 18 janvier 2019 à 11h26

Didier Borowski

Le commerce mondial et le secteur manufacturier sont en train de ralentir dans tous les pays simultanément. L’indice d’incertitude mondiale a atteint en décembre son plus haut niveau historique. Le précédent pic datait de l’élection de Donald Trump. Les vives tensions commerciales qui opposent Etats-Unis et Chine en sont probablement à l’origine. C’est en effet dans ces deux pays que l’incertitude s’est le plus nettement accrue sur la période récente, ce qui tend à peser sur les échanges de nombreux pays, via un ralentissement de l’investissement et une perturbation des chaînes de production.

Or les Etats-Unis et la Chine ont conclu une trêve commerciale le 1er décembre, que les deux parties ont tout intérêt à respecter, compte tenu de l’assombrissement des perspectives économiques. On observe par ailleurs que le commerce mondial connaît depuis plusieurs années des mini-cycles (courtes périodes d’accélération ou de décélération) qui donnent temporairement l’illusion d’un cycle mondial synchronisé. Le dernier épisode date de 2017, lorsque le commerce mondial avait rebondi, conduisant les économistes à réviser (excessivement) leurs prévisions de croissance en hausse. Mais la reprise mondiale synchronisée n’avait pas fait long feu en 2018. Aujourd’hui le ralentissement du commerce mondial est susceptible de conduire à une erreur du même type, mais dans l’autre sens. Les économistes doivent éviter d’être cyclothymiques, en revoyant excessivement leurs prévisions en baisse. Sous réserve que la croissance du commerce se stabilise, les économies devraient de nouveau pouvoir se découpler au second semestre.

Didier Borowski Responsable recherche politiques macro ,  Amundi Investment Institute

Didier Borowski est responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques au sein de l’Amundi Investment Institute. Auparavant, il a exercé plusieurs fonctions : responsable de la stratégie Taux et Changes, co responsable de l’équipe de Stratégie et Recherche économique, responsable de la macroéconomie puis plus récemment responsable global views. Avant de rejoindre Amundi, il était économiste et stratégiste senior de Société Générale Asset Management (2000-2009). Didier Borowski a commencé sa carrière au sein de la Direction de la Prévision du Ministère de l’économie et des finances. Il a également exercé les fonctions d’expert auprès de la Commission européenne. Didier Borowski est Docteur ès sciences économiques. Il a été Professeur associé à l’Université Paris Nord (2007-2011) puis a enseigné plusieurs années à l’université Paris-Dauphine.

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