Le supercycle d’investissement ne manquera pas d’épargne

Publié le 2 septembre 2026 à 17h37

Christophe Morel  Temps de lecture 2 minutes

L’économie mondiale est engagée dans quatre transitions majeures : géopolitique, numérique, environnementale et démographique. Leur convergence alimente un supercycle d’investissement encore sous-estimé : les objectifs de dépenses de défense sont ambitieux, les besoins en infrastructures énergétiques sont considérables face à une intelligence artificielle particulièrement énergivore, et la robotisation devient indispensable pour compenser la raréfaction du travail liée au vieillissement démographique.

Cette dynamique contribue à la normalisation des taux d’intérêt. Elle soulève néanmoins une question : l’épargne mondiale sera-t-elle suffisante pour financer simultanément tous ces projets ? Dans le cas contraire, la concurrence entre les investissements publics et privés pourrait installer durablement les taux d’intérêt à des niveaux plus élevés.

Ce risque ne doit pas être surestimé. Le vieillissement démographique gagne désormais de nombreux pays émergents, ce qui devrait soutenir l’offre mondiale d’épargne. Et dans les économies où il est déjà avancé, les ménages âgés ne désépargnent pas systématiquement, contrairement aux prédictions de la théorie du cycle de vie. Face à l’incertitude entourant leur longévité et leurs dépenses futures, les retraités conservent même l’essentiel de leur patrimoine.

Les besoins de financement augmentent, mais l’épargne disponible devrait progresser parallèlement. Le supercycle d’investissement devrait ainsi trouver les ressources nécessaires à son financement.

Christophe Morel Chef économiste ,  Groupama Asset Management

Christophe Morel est chef économiste de Groupama Asset Management

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