Les taux longs américains sous pression : inflation, dette et révolution IA
Les marchés obligataires américains ont connu une forte volatilité en août, avec un pic du taux à 30 ans à 5,3 %, son plus haut niveau depuis dix-neuf ans. Cette tension ne s’explique pas par un seul facteur, mais par la combinaison de plusieurs inquiétudes : le risque inflationniste lié à la hausse du pétrole, l’ampleur des déficits publics américains, l’explosion des besoins de financement liés à l’intelligence artificielle et une plus grande incertitude sur la politique monétaire. Les anticipations d’inflation restent toutefois maîtrisées, ce qui montre que le marché ne craint pas un retour durable au choc inflationniste de 2021-2022. En revanche, les investisseurs demandent une rémunération plus élevée pour détenir de la dette longue face à l’augmentation de l’offre obligataire publique et privée. L’essor des investissements dans les data centers crée une nouvelle concurrence pour attirer les capitaux. Enfin, les interventions du Trésor américain pour soutenir le marché obligataire soulèvent des interrogations sur l’équilibre entre politique budgétaire et politique monétaire : le financement à court terme de la dette américaine va-t-il contraindre l’action de la banque centrale ?
Christian Parisot est conseiller économique auprès du prestataire de services d'investissement Aurel BGC, dont il a été préalablement responsable de l’ensemble de la recherche, et Chef Economiste entre 2006 et 2021. Titulaire d’un diplôme universitaire, il a débuté en 1996 sa carrière d’économiste de marché à la Caisse Centrale des Banques Populaires (devenue ultérieurement Natixis) avant de rejoindre Aurel un an plus tard.
Du même auteur
La Chine, ce partenaire commercial que l’on ne peut pas boycotter…
Les exportations chinoises de biens sont en hausse de 5,5 % en 2025, portant son excédent commercial…
Christian Parisot