L’IA face au mur des âges

Publié le 21 octobre 2026 à 12h31

Christian Parisot  Temps de lecture 2 minutes

Produire plus avec moins de bras : le vieillissement transforme cette ambition en nécessité. D’ici 2050, la population en âge de travailler reculerait de 34,1% en Corée du Sud, de 27,5% en Italie et de 25,3% en Chine, selon l’ONU. Face à ce choc, l’intelligence artificielle nourrit l’espoir d’un sursaut de productivité. Mais attention aux promesses trop commodes. Dans notre scénario, un gain annuel de productivité de 0,6 point grâce à l’IA compenserait le frein démographique sur le PIB par habitant au Japon et dans plusieurs économies européennes. Il ne suffirait ni en Chine ni en Corée du Sud. Préserver le niveau de vie ne garantit d’ailleurs pas le maintien du volume de production. Surtout, la productivité ne se décrète pas en construisant des centres de données. Elle exige des PME équipées, des salariés formés et des organisations repensées. Dans les soins, où les besoins exploseront, la technologie ne remplacera pas toutes les mains manquantes. L’emploi des seniors et l’attractivité de ces métiers restent décisifs. Le défi sera aussi celui du partage : des profits dopés par l’IA ne financeront pas spontanément des retraites assises sur les salaires. L’IA peut amortir le choc démographique. Elle ne dispense ni de réformer ni de répartir ses gains.

Christian Parisot Conseiller économique ,  Aurel BGC

Christian Parisot est conseiller économique auprès du prestataire de services d'investissement Aurel BGC, dont il a été préalablement responsable de l’ensemble de la recherche, et Chef Economiste entre 2006 et 2021. Titulaire d’un diplôme universitaire, il a débuté en 1996 sa carrière d’économiste de marché à la Caisse Centrale des Banques Populaires (devenue ultérieurement Natixis) avant de rejoindre Aurel un an plus tard.

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