L’IA n’a pas le monopole de l’investissement !
L’investissement dans l’intelligence artificielle contribue significativement à la croissance. Aux États-Unis, les dépenses associées à l’IA (data centers, logiciels et ordinateurs) représentent, sur un an, environ la moitié de l’investissement nominal et un sixième de la croissance nominale.
Cette contribution doit toutefois être appréciée avec discernement. D’abord, les dépenses relevant stricto sensu de l’IA restent difficiles à isoler. Ainsi, les acquisitions de logiciels sont souvent intégralement assimilées, par convention, à de l’investissement dans l’IA. Ensuite, les effets-prix peuvent amplifier la contribution mesurée en valeur. Par exemple, la hausse du prix de la mémoire informatique renchérit les équipements, sans traduire une augmentation équivalente des volumes investis.
Surtout, la dynamique d’investissement s’élargit aux secteurs industriels et cycliques, parfois soutenus par les dépenses de défense. Aux États-Unis, la hausse de l’investissement en biens d’équipement provient pour l’essentiel de composantes plus traditionnelles : véhicules utilitaires, machines industrielles, turbines/générateurs. En Allemagne, le plan de relance commence également à se diffuser dans l’industrie.
Cette diversification des moteurs de l’investissement relativise la dépendance de la croissance à l’IA. Si celle-ci constitue un soutien majeur, les relais plus traditionnels prennent progressivement de l’ampleur.
Christophe Morel est chef économiste de Groupama Asset Management
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