Quand l’Allemagne s’éveillera…

Publié le 10 juillet 2026 à 10h40

Didier Borowski  Temps de lecture 2 minutes

Avec son programme de trente-quatre réformes structurelles, la coalition de Merz vient de mettre fin à des mois de blocage politique. Fiscalité, marché du travail, retraites, santé, bureaucratie, politique industrielle : le périmètre est si large qu’il dessine un véritable plan de refonte du modèle allemand, alors que l’économie stagne et que l’extrême droite progresse.

L’objectif est double : restaurer la compétitivité et adapter l’économie aux mutations démographiques et technologiques. Ce plan est sans doute le plus ambitieux depuis l’Agenda 2010 de Schröder, proposé en 2003, dont les effets ne se sont vraiment fait sentir qu’à partir de 2006. De la même façon, les effets du plan de la coalition Merz ne seront pas pleinement visibles avant le début des années 2030.

Deux volets retiennent particulièrement l’attention. D’un côté, une flexibilisation marquée du marché du travail : durée des CDD portée jusqu’à quarante-huit mois, assouplissement des licenciements pour les très hauts revenus, durcissement des règles d’arrêt maladie. De l’autre, un recul progressif de l’âge effectif de départ à la retraite, indexé sur l’espérance de vie, couplé à l’introduction d’un pilier en capitalisation.

Sur le plan fiscal, les véritables gagnants sont, d’une part, les foyers aux revenus modestes et moyens, avec environ 10 milliards d’euros de baisses d’impôts financées par un relèvement de la fiscalité sur les plus aisés et, d’autre part, les nouvelles générations, qui bénéficieront d’un système de retraites plus viable. A court terme, l’effet macroéconomique passera surtout par un rebond de la confiance et de l’investissement. Mais, comme pour l’Agenda 2010, c’est la cohérence d’ensemble et la capacité politique à tenir le cap qui décideront du succès – ou de l’échec – de cette nouvelle « grande transformation » allemande.

Didier Borowski Responsable recherche politiques macro ,  Amundi Investment Institute

Didier Borowski est responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques au sein de l’Amundi Investment Institute. Auparavant, il a exercé plusieurs fonctions : responsable de la stratégie Taux et Changes, co responsable de l’équipe de Stratégie et Recherche économique, responsable de la macroéconomie puis plus récemment responsable global views. Avant de rejoindre Amundi, il était économiste et stratégiste senior de Société Générale Asset Management (2000-2009). Didier Borowski a commencé sa carrière au sein de la Direction de la Prévision du Ministère de l’économie et des finances. Il a également exercé les fonctions d’expert auprès de la Commission européenne. Didier Borowski est Docteur ès sciences économiques. Il a été Professeur associé à l’Université Paris Nord (2007-2011) puis a enseigné plusieurs années à l’université Paris-Dauphine.

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