Quand l’Europe cherche à reprendre son destin en main

Publié le 19 février 2026 à 16h38

Didier Borowski    Temps de lecture 2 minutes

Il était temps pour l’Union européenne de montrer son engagement à soutenir ses industries stratégiques, actuellement confrontées à de nombreux défis (faiblesse de la demande, prix élevés de l’énergie, concurrence internationale déloyale).

La conférence de Munich sur la sécurité et le sommet européen informel du 12 février montrent que les Européens ont pris conscience des nouveaux risques géoéconomiques. Ils entendent désormais agir plus rapidement, même s’il faut pour cela se limiter à des accords entre pays volontaires (en cas d’absence de consensus). Le prochain sommet des 19-20 mars sera l’occasion de présenter un plan d’action plus précis.

En attendant, le texte sur « l’accélérateur industriel » (Industrial Accelerator Act ou IAA) sera présenté le 25 février. Ce texte est une proposition législative visant à stimuler la compétitivité industrielle et à faciliter la transition vers les énergies propres. Il vise à accélérer l’approbation des technologies propres, à créer des marchés pour les produits à faible teneur en carbone, tels que l’acier et le ciment verts, et à soutenir les industries à forte intensité énergétique (construction, produits chimiques, acier, automobile, aviation) pendant leur processus de décarbonation. La loi promeut également les critères « Made in Europe » pour l’ensemble des dépenses publiques, les règles relatives aux investissements directs étrangers afin de renforcer les chaînes de valeur locales, ainsi qu’un label « faible en carbone » pour les produits.

Les secteurs concernés s’alignent ainsi sur les objectifs de l’Union européenne en matière de sécurité économique et de création d’emplois, tout en œuvrant à la neutralité carbone d’ici 2050. On ne le répétera jamais assez : l’autonomie stratégique et la souveraineté énergétique vont de pair !

Didier Borowski Responsable recherche politiques macro ,  Amundi Investment Institute

Didier Borowski est responsable de la recherche sur les politiques macroéconomiques au sein de l’Amundi Investment Institute. Auparavant, il a exercé plusieurs fonctions : responsable de la stratégie Taux et Changes, co responsable de l’équipe de Stratégie et Recherche économique, responsable de la macroéconomie puis plus récemment responsable global views. Avant de rejoindre Amundi, il était économiste et stratégiste senior de Société Générale Asset Management (2000-2009). Didier Borowski a commencé sa carrière au sein de la Direction de la Prévision du Ministère de l’économie et des finances. Il a également exercé les fonctions d’expert auprès de la Commission européenne. Didier Borowski est Docteur ès sciences économiques. Il a été Professeur associé à l’Université Paris Nord (2007-2011) puis a enseigné plusieurs années à l’université Paris-Dauphine.

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