Allocation

Parole d'expert - Luca Sibani, Epsilon et Yasmine Ravai, Eurizon SLJ Capital

La gestion active présente des avantages forts pour investir sur la dette émergente

Optio Finance - 21 juin 2019 - Publi-communiqué

Dette, Emergents

Luca Sibani, responsable de la gestion performance absolue et discrétionnaire chez Epsilon (filiale d’Eurizon) et Yasmine Ravai, gérante senior obligataire globale et dette émergente chez Eurizon SLJ Capital (Royaume-Uni).

 

Comment se décompose la gamme de fonds spécialisés sur les dettes émergentes au sein d’Eurizon et de ses filiales ?
La gestion active présente des avantages forts pour investir sur la dette émergente et la gamme a été constituée dans cet esprit. Parmi les principaux produits de la gamme Eurizon figurent le fonds court terme en rendement absolu géré par Luca Sibani chez Epsilon et le fonds en devise locale géré par Yasmine Ravai chez Eurizon SLJ Capital, dont les encours s’élèvent respectivement à 5,25 milliards d’euros et à 650 millions d’euros. Au total, la société gère dans cette classe d’actifs quelque 8,8 milliards d’euros, y compris le fonds aggregate en renminbi (RMB) de plus de 600 millions d’euros.

Quel est l’intérêt d’investir dans un fonds court terme sur les dettes émergentes ?
Luca Sibani : Ce type de stratégie est décorrélé des grands indices de dettes émergentes et apporte de la performance y compris dans un contexte adverse sur la classe d’actifs. A titre d’exemple, notre fonds a délivré une performance légèrement positive (0,49 %) entre septembre et décembre 2016 alors que l’indice JP Morgan EMBI Global Hedged EUR affiche sur la même période une performance négative de – 4,65 %.

Comment parvenez-vous à contenir la volatilité du fonds et à générer une performance régulière ?
Luca Sibani : Notre équipe d’investissement est composée de spécialistes qui possèdent un historique d’une vingtaine d’années dans la classe d’actifs. Nous sommes tous des analystes confirmés et avons développé un modèle de notation des émetteurs souverains qui prend en compte les équilibres macroéconomiques et la stabilité politique. A titre d’exemple, le pays le moins bien noté actuellement est le Venezuela et le mieux noté est le Chili. Nous nous appuyons par ailleurs sur deux moteurs de performance. Le premier relève du portage et cherche à générer du rendement. Nous sélectionnons dans ce cadre des titres en devise dure notés en catégorie investment grade, principalement des dettes de souverains ou quasi-souverains avec une maturité inférieure à 36 mois. Ces investissements sont couverts en euro. En parallèle, nous mettons en place des mécanismes de couverture et des positions tactiques afin de contenir la volatilité et de générer de la performance. Nous misons dans ce cadre sur des titres en monnaie locale, sur des maturités supérieures à 36 mois. Nous pouvons aussi jouer sur les devises en étant acheteur ou vendeur de certaines d’entre elles.

Le profil du fonds investi sur les dettes en devises locales est assez différent ?
Yasmine Ravai : En effet, nous ne sommes pas sur un objectif de rendement absolu avec une duration très faible, mais bien sur une gestion qui cherche à battre son indice de référence (JPM GBI-EM Global Diversified (Euro)) sur un horizon de trois ans. Cette orientation stratégique de long terme sur la dette émergente en devise locale est mise en œuvre avec une limite de tracking error de 5 qui nous permet d’adapter notre gestion dans un esprit flexible. Même s’il privilégie les emprunts d’Etat en devise locale, le fonds peut investir sur tout type de notation en devise dure (dans une limite de 30 %). Actuellement, parmi ses principaux paris figurent les dettes polonaise, chinoise et indonésienne. Il est en revanche sous-exposé à la dette brésilienne, colombienne et sud-africaine. Le fonds a délivré depuis le début de l’année (données à fin mai) un gain de 6,21 % contre 5,71 % pour son indice de référence.

Quel est le process d’investissement ?
Yasmine Ravai : Nous nous appuyons sur une analyse macroéconomique, politique et des marchés financiers afin de déterminer nos choix en matière d’allocation par pays. Nous combinons celle-ci avec une approche qui s’appuie sur les facteurs de risque : momentum, valorisation, rendement... Nous utilisons aussi l’analyse technique. Nous utilisons trois moteurs de performance : le portage, l’appréciation du capital et le change. La construction de portefeuille est très robuste car elle intègre une gestion du risque, notamment à travers des procédures automatiques qui permettent de couper les positions ainsi qu’une séparation entre l’analyse des taux d’intérêt et celle du change.