Allocation

Parole d'expert

"Un ETF pour s’exposer au marché en plein essor des obligations vertes"

Option Finance - 13 mars 2017 - Communiqué

Lyxor

Pour François Millet, responsable du développement des produits ETF et indiciels chez Lyxor Asset Management, il est judicieux de se positionner sur cette classe d’actifs par le biais de fonds indiciels.

François Millet, responsable du développement des produits ETF et indiciels chez Lyxor Asset Management

On constate un intérêt croissant des investisseurs institutionnels pour les produits financiers qui contribuent à l’effort en faveur de l’environnement…

L’écologie s’invite de plus en plus dans le débat public, comme on a pu le constater lors de la tenue de la COP21 à Paris fin 2015. Les Etats comme les entreprises s’engagent pour limiter le réchauffement climatique. Par ailleurs, de nouvelles réglementations apparaissent pour formaliser les engagements en faveur de la protection de l’environnement. Ainsi, en France, l’article 173 de la loi relative à la transition écologique et énergétique (dite TEE) du 17 août 2015 prévoit, pour les investisseurs institutionnels ayant plus de 500 millions d’euros de bilan consolidé, des obligations de reporting sur leurs pratiques d’intégration de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans leurs politiques d’investissement. Ils doivent insérer dans leurs portefeuilles des produits permettant d’en limiter l’empreinte carbone globale. A défaut, ils sont tenus d’expliquer les raisons pour lesquelles ils ne se sont pas conformés à cet impératif (c’est ce qu’on appelle le principe du «comply or explain»).

Dans ce contexte, quels avantages présentent les obligations vertes, ou green bonds ?

Avec ces obligations, l’investisseur a la certitude que le produit de l’émission sera intégralement affecté à des mesures d’adaptation aux changements climatiques, et notamment à des projets visant à limiter les émissions de carbone (construction de bâtiments à énergie positive, installation de systèmes de production d’électricité solaire…). La procédure de contrôle de l’utilisation des fonds se fait au moment même de l’émission, puis grâce à un reporting annuel sur leur allocation effective et ce, jusqu’à la maturité de l’obligation. 

Apple, qui vise à terme une alimentation de ses data centers à 100 % à base d’énergie renouvelable, a levé 1,5 milliard de dollars en 2016. En France, SNCF Réseaux a fait appel au marché à hauteur de 950 millions d’euros en novembre dernier pour moderniser l’efficience de ses réseaux ferrés ainsi qu’étendre les lignes à grande vitesse. En début d’année, c’est l’Etat français qui a émis une obligation verte souveraine pour un montant de 7 milliards, afin de financer la transition écologique et énergétique.

Le marché des green bonds est-il déjà suffisamment structuré pour s’y intéresser ?

Le marché dispose aujourd’hui d’une base très diversifiée d’émetteurs de qualité investment grade : des établissements financiers, des Etats et des organismes supranationaux (comme la Banque européenne d’investissement) ou encore des utilities (EDF, Engie). 

Ce marché, dont les encours atteignent désormais 170 milliards de dollars1, a atteint la taille critique, avec une offre abondante, diversifiée et liquide. 81 milliards de dollars ont été levés en 2016 et, d’après les analystes de Moody’s, les nouvelles émissions pourraient représenter jusqu’à 200 milliards en 2017.

Pourquoi avoir décidé de lancer un ETF sur ces green bonds ?

La plupart des émissions d’obligations vertes sont sursouscrites. Par exemple, pour l’obligation souveraine émise en janvier par la France pour un montant de 7 milliards d’euros, la demande a dépassé 23 milliards. Il n’y a donc pas de place pour tous les investisseurs sur le marché primaire. L’ETF nous paraît par conséquent être un moyen d’accès facile et direct à cette classe d’actifs. Il présente en plus l’avantage de la diversification, puisqu’il est exposé à plus de 100 green bonds de qualité investment grade, et issus de 71 émetteurs. Nous ne sommes pas à notre première innovation sur la thématique environnementale : notre fonds water lancé en 2007 cumule 450 millions d’euros d’encours et représente le plus gros tracker du marché. L’ETF green bonds est cependant le premier au monde exposé sur ce type d’obligations. En répondant à l’appétit croissant des investisseurs pour ce marché, nous nous engageons aussi à relever les défis de la lutte contre le changement climatique. Il constitue la première étape importante dans la construction d’une gamme plus élargie de produits innovants intégrant des critères ESG pour accompagner les investisseurs souhaitant améliorer le profil de leur portefeuille selon ces critères.

1 - Source : Climate Bonds Initiative, janvier 2017.