ISR

Parole d’expert

«Notre raison d’être a toujours été de financer de manière responsable le développement de nos territoires»

Option Finance - 25 novembre 2019 - Communiqué

La banque publique de développement SFIL a réalisé en novembre sa première émission obligataire verte. L’opération, qui a connu un fort succès, marque l’entrée de SFIL dans un programme régulier d’émissions de green bonds et de social bonds.

En quelques mots, pouvez-vous nous rappeler ce qu’est la banque SFIL ?
Nous sommes une banque publique de développement. Nos missions de politique publique sont dédiées au financement de long terme des collectivités locales et des hôpitaux publics français, ainsi que des grands contrats de crédits à l’exportation. Nous n’avons aucune mission de banque commerciale. Notre actionnariat est exclusivement public.

Vous êtes liés depuis 2013 à La Banque Postale. Quel est le rôle de SFIL dans ce partenariat ?

SFIL refinance des prêts à moyen et long termes commercialisés par La Banque Postale auprès des collectivités territoriales et des établissements publics de santé. Ces prêts sont refinancés par des émissions obligataires qui s’adressent aux investisseurs institutionnels. Dans le cas de l’émission du 5 novembre dernier, LBP et SFIL travaillent conjointement pour identifier et sélectionner des projets à impact écologique positif qui seront ainsi refinancés via l’émission de cette obligation verte.

Quels projets ont été financés grâce à ce green bond ?
Ces projets se situent dans le domaine des transports en communs propres comme par exemple l’extension du tramway de Saint-Etienne. La deuxième catégorie concerne le traitement des eaux, dont notamment le renouvellement du réseau d’assainissement des Hauts-de-Seine. Les trois autres catégories sont le traitement des déchets, les bâtiments publics basse consommation et les énergies renouvelables.

Qui a souscrit à cette première émission obligataire, et à quel taux ?
L’émission a été un grand succès et a été souscrite en seulement deux heures au taux de 0,10 %, soit 1 point de base en dessous de notre courbe de taux sur le marché secondaire. L’émission a même donné lieu à des sursouscriptions de 4,1 fois le montant initialement proposé. Au total, 103 investisseurs institutionnels ont participé à cette émission, dont 17 nouveaux. Le fait qu’il s’agisse d’une obligation verte a clairement attiré des investisseurs spécialisés sur ce segment d’avenir. En termes de type d’investisseur, 52 % de l’émission a été allouée à des banques, suivies de sociétés de gestion avec 22 % de participation. Sur le plan géographique, 36 % des investisseurs étaient allemands et 19 % français, la plupart des autres investisseurs étant issus d’autres pays européens ou asiatiques.

Votre implication dans le domaine de la finance verte est-elle récente ?

Notre raison d’être a toujours été de construire un avenir durable en finançant de manière responsable le développement de nos territoires. En tant que banque publique de développement, la RSE est inscrite dans l’ADN de notre groupe. Depuis six ans, nous faisions donc déjà de l’ISR sans le savoir, comme Monsieur Jourdain ! Désormais, nous faisons labelliser nos émissions obligataires de manière à ce que les investisseurs puissent clairement identifier l’aspect vertueux de ces investissements. Nous nous appuyons sur l’expérience d’acteurs de référence comme par exemple Carbone4, Sustainalytics et Novethic.

D’autres émissions d’obligations vertes sont-elles à venir ?
Bien sûr ! Il y aura non seulement des émissions vertes, mais également des émissions à impact social. Nous avons d’ailleurs déjà réalisé en février 2019 une première émission sociale inaugurale, dédiée au financement des hôpitaux publics en France, pour un montant d’un milliard d’euros et une maturité de huit ans. Nous prévoyons de réaliser à l’avenir une ou deux émissions par an sous format vert ou social. Le rythme dépendra bien sûr des projets à financer et de leur éligibilité, mais je n’ai pas de doutes sur le fait que ces projets seront nombreux à voir le jour.