Si les plus optimistes veulent voir en ChatGPT un outil d’aide à la décision, beaucoup de professionnels de la finance craignent que cette plateforme conversationnelle utilisant l’intelligence artificielle ne vienne rapidement remplacer leur expertise. Une crainte qui est en partie fondée : certains métiers, tel celui d’analyste financier, sont impactés, de même que la communication financière.
Elle vient de passer le barreau haut la main. La toute dernière version de ChatGPT, ChatGPT-4, lancée mi-mars a surpris les experts en réussissant avec succès plusieurs épreuves universitaires, dont celles menant à la profession d’avocat. Une mise à jour qui sera bientôt suivie d’autres, de plus en plus sophistiquées, qui ne seront pas sans incidences sur l’activité des entreprises. Pour Bill Gates, ChatGPT devrait « changer le monde ». Le cofondateur de Microsoft compare l’arrivée de la plateforme à une révolution semblable à celle qui a fait suite à l’arrivée d’Internet. Si pour l’heure il constate que les « outils nécessitent trop de calculs » et « ne sont pas toujours précis », le milliardaire américain prévoit un avant et un après ChatGPT.
Il n’est d’ailleurs pas le seul : « Le cerveau humain a du mal à projeter l’exponentielle, explique Julien Maldonato, associé industrie financière, Deloitte. C’est un peu le problème de l’échiquier de Sissa (quand chaque valeur est le double de la précédente). La révolution qui s’ouvre avec ChatGPT est aujourd’hui sous-estimée. A chaque nouvelle version, la plateforme s’enrichit grâce aux requêtes des utilisateurs : dans deux mois, l’outil sera deux fois plus sophistiqué et il sera mille fois plus sophistiqué encore d’ici deux à trois ans. Nous sous-estimons la vitesse avec laquelle les versions vont s’enchaîner. A titre d’exemple, PowerPoint intégrera bientôt ChatGPT. En tant que consultant je n’ai plus qu’à chercher un travail. » Au...