Habitués du chiffre, les responsables des fonctions finance ne sont pas toujours à l’aise avec l’extra-financier. Avec l’évolution de la réglementation, et notamment l’adaptation de la directive CSRD en droit français dès 2024, les critères ESG gagnent en importance. Des formations spécifiques voient le jour, qui mêlent experts RSE et financiers.
L’extra-financier prend de l’ampleur et ne concerne plus spécifiquement les grands groupes qui, depuis 2001, ont obligation de faire état d’un rapport RSE en complément de leur rapport financier. Les plus petites entités sont désormais largement concernées. « L’analyse extra-financière est devenue aujourd’hui un enjeu pour les entreprises de toute taille, de la PME à l’ETI. La prise en compte des enjeux ESG devient incontournable, que ce soit dans les décisions d’investissement ou l’obtention de solutions de financement », souligne Antoine Goyer, directeur de l’Académie SFAF, organisme de formation de la Société française des analystes financiers.
Une demande en forte hausse
Depuis plusieurs mois, les institutions proposant des offres de formation à l’extra-financier voient le nombre de leurs candidats augmenter de façon très significative. Lors de sa création, en 2017, le CESGA (Certification d’analyse ESG proposée par la SFAF) formait 70 personnes par an ; un chiffre qui atteint 130 en 2021 et devrait talonner les 200 pour l’année 2022.
Une nécessaire rapide montée en compétences
Si les sociétés de gestion sont d’ores et déjà impliquées avec l’obligation de reporting sur les produits d’investissements, les corporates seront, pour leur part, soumis à des obligations semblables dès 2024, date à laquelle sera transposée la directive CSRD. La liste de ces critères devrait être connue dès la fin de l’année 2022. A cela s’ajoute un intérêt croissant de la part des jeunes talents, pour les thématiques ESG. « Les talents de la nouvelle génération...