Très en vogue actuellement, le phénomène de « grande démission » s’apparente plutôt à une grande rotation : les salariés ne décident pas de ne plus travailler, mais de changer d’entreprise. Le mouvement n’épargne pas les entreprises du secteur financier, qui tentent de trouver les moyens de retenir leurs collaborateurs. Rémunérations, flexibilité, meilleures perspectives de carrière : tous les leviers sont actionnés.
Plus de 470 000 Français ont quitté leur poste en CDI au 1er trimestre 2022 selon la DARES, soit 20 % de plus qu’en 2019. La tendance est encore plus criante chez les moins de 35 ans : 42 % d’entre eux envisagent de démissionner dans les douze prochains mois selon un sondage OpinionWay pour Indeed. « Aujourd’hui, 62 % des actifs se disent à l’écoute d’opportunités ou en recherche active d’emploi, affirme Aurélien Boucly, directeur au sein du cabinet de recrutement Robert Half. Les candidats n’hésitent plus à bouger. On voit que les cycles en entreprises sont de plus en plus courts et que la fidélité à une société n’est plus une priorité. Désormais, le bien-être au travail passe avant. »
La fonction finance n’échappe pas à cette tendance.
L’ « envie d’ailleurs », couplée à une pénurie de candidats, se matérialise par une forte hausse du turn-over à la fois dans les banques, les cabinets de conseil et les directions financières des entreprises, qui luttent pour attirer et retenir les talents. Ce turn-over est particulièrement redouté par les services financiers des entreprises, car il fait planer un risque sur la qualité et la fiabilité de l’information financière produite. Pour faire face à ces départs inopinés, les employeurs ont entamé une grande réflexion sur les différents moyens de gagner en attractivité. « L’enjeu aujourd’hui est d’attirer et de garder des salariés qui sont multi-sollicités, indique Nathalie Legrand, directrice de la practice banque pour le cabinet en conseil de carrière et outplacement Oasys Dirigeants....