La géopolitique est devenue un sujet majeur pour les entreprises, mais toutes ne disposent pas de ressources adaptées. La gestion de ce risque nécessite une impulsion des directions générales, une approche transversale et des formations dédiées.
Groenland, Iran, Taïwan, Ukraine, Venezuela… « L’instabilité géopolitique, qui n’était pas un sujet il y a peu encore, complique les investissements », pointe Pierre Donnersberg, président du courtier Diot-Siaci. Dans son « Credit Outlook 2026 », Fitch Ratings place ainsi la géopolitique parmi les risques ayant la survenance la plus élevée. Entre notations pour les levées de fonds, exigences réglementaires des banques et gestion des contrats d’assurance, les directions financières doivent composer avec ce nouveau paradigme. Encore faut-il qu’elles disposent des données adéquates et parlent le même langage que les autres équipes internes.
Si 10 % des personnes interrogées pour le Baromètre publié fin 2025 par l’association des risk managers, l’Amrae, évaluent le risque géopolitique uniquement sous un angle « finance », 70 % tendent en effet vers une approche multidimensionnelle afin de mieux comprendre l’ensemble des interdépendances et leurs répercussions possibles sur l’activité. Dans ce contexte, le risk manager a certes un rôle clé. Mais Denis Bicheron, directeur des placements CRB (corporate risk bond) chez le courtier WTW, prévient : « Selon son rattachement à la direction financière ou juridique, l’intérêt du risk manager pour la quantification sera plus ou moins marqué. Or la quantification, qui repose sur les données, est le nerf de la guerre. Cela permet une modélisation des risques qui peut être transmise à la direction de l’entreprise. Couverture, prévention, arrêt d’activité, etc. : ce processus permet de prendre la bonne décision. »