A l’heure où la gestion du risque client est devenue centrale et est intégrée aux stratégies de développement des entreprises, les postes de responsable credit management restent peu nombreux au sein des organisations. La profession est pourtant essentielle dans le contexte actuel de risque mais aussi pour répondre aux problématiques de cash des entreprises.
Après avoir connu une période faste en période Covid et post-Covid, les recrutements de credit managers se sont tassés ces derniers mois. Les cabinets de chasseurs de têtes reconnaissent ainsi avoir eu peu de demandes, voire parfois aucune, sur ces profils en 2025. « Il s’agit de profils essentiellement plébiscités en sortie de crise, lorsque les entreprises ont besoin d’accélérer leurs rentrées de cash ou rencontrent des difficultés dans le cadre de leurs démarches en la matière, explique Bastien Auvray, responsable de division, senior finance chez Hays. Cependant l’année dernière, nous n’avons pratiquement pas été sollicités pour le recrutement de credit managers. » Un constat partagé par Fed Finance, également spécialisé dans le recrutement de cadres de la finance. « L’instabilité économique et politique à l’échelle nationale et internationale impacte en effet les stratégies d’investissement des entreprises, poursuit Bastien Auvray. Les fonctions supports comme le recouvrement de créances, qui peuvent être délocalisées, sont les premières à supporter les politiques de restrictions de coûts des entreprises. D’autre part, le métier reste encore trop peu connu des entreprises et les missions normalement réservées aux responsables credit management sont encore souvent confiées aux équipes de comptabilité client ou de trésorerie. » Généralement, ce sont donc plutôt les ETI et grandes entreprises qui recrutent ces profils.
L’augmentation du risque de défaillances et des délais de paiement ainsi que les tensions de trésorerie qui pèsent actuellement sur de nombreuses entreprises pourraient néanmoins profiter à la profession dans les mois qui viennent.