Autrefois relégués au second plan, les juristes occupent une place de plus en plus centrale au sein des entreprises. Indispensables pour faire face à l’inflation normative, ils revendiquent désormais un rôle stratégique et militent pour que la confidentialité de leurs avis soit protégée. Un texte est actuellement en cours de discussion à l’Assemblée.
« Les juristes d’entreprise n’ont jamais eu autant de défis à relever en même temps, souligne Philippe Coen, directeur juridique de Disney Company Europe et vice-président de l’Association française des juristes d’entreprise (AFJE). Tous les textes sur le devoir de vigilance, le RGPD, la conformité, les lois environnementales et la protection des droits humains exigent de monitorer une cartographie des risques, et de réaliser des plans de prévention. » Autrefois cantonné à la gestion des litiges, le juriste a pris une autre dimension au sein de l’entreprise ces dernières années. « Pendant longtemps, nous étions le service qui enregistrait les contentieux, faisait l’interface avec les avocats externes et gérait les sinistres, indique Céline Goudon, responsable juridique auprès de SPIE Industrie. Aujourd’hui, nous passons beaucoup plus de temps sur l’analyse des contrats et la maîtrise des risques en accompagnant notamment les équipes opérationnelles. »
Se détacher progressivement de la direction financière
Ce nouveau rôle se traduit parfois très concrètement dans l’organigramme de l’entreprise, avec une fonction juridique se détachant peu à peu de la direction financière, son tuteur originel, pour devenir une « direction » à part entière au sein de l’entreprise. « Depuis 2017, je suis rattachée au directeur général et non plus à la direction financière de l’entreprise, comme c’était le cas auparavant et avec laquelle je conserve une relation privilégiée, souligne Céline Goudon. Mais ce changement de rattachement est loin d’être...