Finance durable – Time to Change 2026

Concilier durabilité et justice sociale dans les stratégies d’investissement

Publié le 22 mai 2026 à 10h00

Sandra Sebag    Temps de lecture 2 minutes

Longtemps, le social a constitué le parent pauvre de l’analyse ESG. Pourtant, cette dimension est essentielle d’un point de vue extra-financier et financier. « La dimension sociale constitue d’une certaine façon un indicateur avancé de la performance future d’une entreprise », avance Michel Escalera, directeur général de Palatine Asset Management (AM). Les études académiques confirment ce lien : « Aux Etats-Unis, des universitaires ont travaillé sur les données de Glassdoor et ont établi que les entreprises bénéficiant du label “Best place to work” délivrent une performance supérieure à leurs homologues », poursuit Michel Escalera. Fort de ce constat, Palatine AM intègre une centaine de métriques sociales dans l’analyse des entreprises, comme la formation, l’absentéisme ou encore les accidents du travail. Cette logique rejoint celle de l’Agirc-Arrco. « La soutenabilité du régime dépend bien sûr de la démographie, mais aussi de la qualité de l’appareil productif, du niveau d’emploi et des trajectoires de revenus futurs », souligne Céline Nouet, responsable des investissements de la caisse de retraite. Pour ce régime de retraite par répartition, l’investissement s’inscrit dans une boucle macroéconomique : soutenir des entreprises solides, créatrices d’emplois et de revenus, contribue aussi à préserver l’équilibre du système. La transition juste suppose donc de ne pas opposer l’environnement et le social. « Ce n’est pas l’un ou l’autre, mais l’un et l’autre », résume Céline Nouet. Même constat chez Ecofi, où Cesare Vitali, directeur du département ISR et solidaire, estime que la transition n’est pas un choix mais une obligation et que cette dernière « sera juste ou ne sera pas ». Pour lui, la donnée est centrale afin de construire des stratégies d’impact social et d’en rendre compte aux clients finaux. Ecofi suit notamment la création d’emplois, la part des femmes dans le management ou encore les écarts de rémunération femmes-hommes. Ces critères nourrissent son processus ISR Prisme, appliqué à 100 % des encours, qui analyse les relations des entreprises avec leurs parties prenantes – salariés, fournisseurs, clients ou communautés locales.

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