Finance durable – Time to Change 2026

Financer l’économie bleue : quelles innovations pour développer la filière ?

Publié le 22 mai 2026 à 10h00

Sandra Sebag    Temps de lecture 2 minutes

90 % des marchandises échangées dans le monde transitent par la mer, et 98 % des communications numériques reposent sur des câbles sous-marins. D’ici 2030, le commerce maritime pourrait représenter quelque 3 000 milliards d’euros. A eux seuls, ces chiffres illustrent l’importance stratégique de l’économie maritime – un secteur encore largement sous-exploré par les investisseurs. Parmi les pionniers de la thématique figurent notamment les équipes de Swen Capital Partners. La société de gestion a lancé en 2021 un fonds dédié à la biodiversité marine – et s’apprête à en lancer un second – dont l’objectif vise la régénération des océans. Il prend en compte plusieurs facteurs : « La surexploitation, la pollution, le changement climatique, les espèces invasives et la perte d’habitat », détaille Olivier Abaud, managing director de la stratégie Swen Blue Ocean. Ce fonds s’inscrit dans le cadre d’un partenariat avec l’Ifremer, afin d’ancrer les décisions d’investissement dans une expertise scientifique. Les enjeux autour de l’économie bleue sont également clés pour les experts de Fidelity International. « Nous intervenons à travers une logique d’engagement actionnarial et en développant une stratégie d’investissement sur les obligations bleues », précise Aela Cozic, analyste ESG de la société de gestion. Dans ce cadre, la stratégie appelée « transition bleue » intègre l’ensemble de la chaîne de valeurs liée aux océans, mais aussi à l’eau douce. Elle peut également inclure certaines obligations vertes, dès lors qu’elles contribuent à ces enjeux. Rappelons que le marché des obligations bleues est encore naissant, les encours dans ces instruments s’élevant à environ 15 milliards de dollars. De son côté, Arnaud Berger, membre du conseil d’administration et référent banques et assurances de France Nature Environnement, a rappelé la spécificité du secteur de la pêche : « En France, 90 à 95 % des acteurs sont des TPE familiales, avec une rentabilité faible, et doivent investir entre 50 000 et 400 000 euros pour décarboner leurs activités. » Un défi majeur pour les acteurs financiers, appelés à concilier exigences ESG et contraintes de rentabilité.

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