Climat et transition énergétique – Time to Change 2026

IA : catalyseur ou frein à la transition climatique ?

Publié le 22 mai 2026 à 10h00

Anne del Pozo    Temps de lecture 2 minutes

L’essor de l’intelligence artificielle générative place les investisseurs face à une tension nouvelle. D’un côté, son développement accroît la pression sur les ressources, à travers la consommation électrique des data centers, l’usage intensif de l’eau ou les besoins en métaux critiques. De l’autre, elle peut devenir un outil d’aide à la transition, à condition d’être orientée vers des usages sobres et mesurables. « Le potentiel de l’intelligence artificielle comme accélérateur de la transition climatique suppose d’en favoriser des usages responsables et mesurables », souligne Ludivine de Quincerot, responsable de l’ESG et de l’analyse financière chez Rothschild & Co Asset Management. Pour les investisseurs, l’enjeu consiste donc à diriger les capitaux vers des projets concrets, de long terme, au service de l’économie réelle, en conciliant innovation, performance et durabilité. Cette ambivalence est également au cœur de l’analyse de Vincent Aït-Ammar, chef du projet Ecosphères au sein d’Ecolab, rattaché au ministère de la Transition écologique. Le numérique représente déjà 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, tandis que la consommation des centres de données pourrait doubler d’ici 2030. « L’IA peut s’avérer être un formidable outil d’aide à la décision, du fait de sa capacité à croiser un nombre inégalable de variables », observe Vincent Aït-Ammar. Plusieurs démonstrateurs d’IA frugale accompagnés par Ecolab illustrent ce potentiel, de la planification urbaine à la prévision des tensions sur l’eau, en passant par l’optimisation énergétique des bâtiments. Eric Gossart, associé chez Serena, invite toutefois à ne pas surestimer le rôle de l’IA. « Nous devons investir massivement dans l’IA, mais pas pour sauver la planète », estime Eric Gossart. Selon lui, la décarbonation reste d’abord un défi physique : produire une électricité bas carbone, électrifier les usages industriels, rénover les bâtiments et organiser la sobriété. L’IA peut accélérer la recherche, optimiser les batteries ou la géothermie, mais elle ne remplace ni l’investissement public, ni la planification à long terme, ni la stabilité réglementaire qui sont nécessaires à la transition.

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